Je me pose une question

J’écoute actuellement RDI grâce au site web Radio-Canada. À l’émission spéciale animée par Anne-Marie Dusseault ont défilé nos pauvres représentants des partis provinciaux du Québec, les habituels analystes politiques et, chose plutôt rare depuis Meech, des experts constitutionnels. On ergote sur ce que Stephen Harper pourrait faire, sur ce que la Gouverneure générale Michaëlle Jean pourrait faire…

Ce qui ressort des avis des constitutionnalistes, selon ce que j’en comprend: quand un Premier Ministre n’a plus la confiance de la Chambre aussi tôt dans une nouvelle législature, la Gouverneure générale peut accepter “qu’un autre parti” forme le Gouvernement s’il y a des chances raisonnables que celui-ci soit stable. Comme une coalition a été formellement créée entre Libéraux et Néodémocrates avec l’appui du Bloc, cette chance raisonnable existe. Et comme la Chambre n’a plus confiance envers le Premier Ministre, l’avis de celui-ci pourrait être ignoré.

La question que je me pose, et que je n’ai aucunement entendu soulevée, est celle-ci: qu’arriverait-il si Stephen Harper démissionnait et que le Parti Conservateur proposait un nouveau chef de gouvernement issu de ses rangs (en plus, bien sûr, de faire un certain nombre de concessions aux partis d’opposition sur les points controversés de la Mise à jour économique de Flaherty)? N’y aurait-il pas, parmi les Conservateurs, une bonne bouille respectée de tous les parlementaires qui pourrait calmer le jeu? Après tout, presque tout le monde, y compris les supporters conservateurs, condamnent Harper pour son arrogance et les partis d’opposition ne lui font plus confiance. Si le responsable désigné de cette crise politique ne faisait plus partie du portrait, le Parlement canadien ne pourrait-il pas continuer de fonctionner sous une gouverne conservatrice montrant du même coup qu’elle est plus encline à tenir compte, comme se doit un gouvernement minoritaire, des avis des partis de l’opposition?


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7 commentaires sur “Je me pose une question”

  1. Alain B.

    Oui mais qui? Le problème est qu’il n’y a pas un seul député parmi les conservateurs qui pourrait jouer ce rôle… voir ici: http://mightygodking.com/index.php/2008/11/30/hear-the-lamentations-of-their-women/

    Je ne crois pas qu’un autre conservateur pourrait même obtenir la confiance de son propre parti.

    De plus… on est rendu trop loin. Ce n’est pas Stephen Harper qui a perdu la confiance de la chambre, c’est le parti conservateur en entier. Que ce soit Harper ou un autre qui fasse toutes les concessions du monde, les partis d’oppositions (qui salivent comme jamais maintenant qu’ils ont humé le pouvoir) répondront qu’il ne le croient pas.

    Les conservateurs n’ont plus qu’une option devant l’entente des partis d’opposition… la prorogation de la chambre… que la GG pourrait décider de rejeter.

    En ce moment tout est entre les main de la GG elle est dans sont droit de 1) refuser ou non une demande de prorogation de la part du chef conservateur; 2) refuser ou non la demande de la nouvelle coalition de former un gouvernement; 3) nous renvoyer en élection. Au fond, on est face à la vérité profonde de notre système d’héritage britannique… le dernier mot et le pouvoir ultime réside encore au niveau de “la couronne”. Nous sommes encore dans un dans une monarchie constitutionnelle. Nous ne sommes pas une république.

    Personnellement, je crois que c’est une bonne chose: http://emerillon.niala.net/2008/12/tout-un-chant-du-cygne-pour-dion/

    God save the Queen!!!

  2. Alain B.

    Je crois que l’expression Web est: ROTFLMAO

    Merci Martin, ça fait longtemps que je n’ai pas ri comme ça.

  3. brem

    Si les conservateurs avaient eu à s’opposer à Harper, ils auraient dû le faire avant. La ligne de partie, ça vaut quand ça va bien autant que quand ça va mal :-)

  4. Les réactions - Le Petit Émerillon

    [...] Beaudin-Lecours se demande si les meubles conservateurs ne pourraient pas encore être sauvés: qu’arriverait-il si Stephen [...]

  5. Martin

    Ouais, brem, mais le leadership politique, c’est aussi savoir se retirer au profit de son parti. Sauf que je vais dire comme Alain, je ne vois pas qui pourrait prendre la place de Harper. Faut dire que je connais bien peu la députation conservatrice. C’est comme imaginer l’ADQ sans Dumont…

    Ma question est plus technique qu’autre chose parce que les commentateurs parlent toujours de trois scénarios possibles. J’aimerais bien qu’un journaliste pose la question.

    Si techniquement (constitutionnellement ou selon les règles parlementaires) c’était possible d’ainsi résoudre la crise de confiance, et si j’étais un adversaire politique des Conservateurs, j’en profiterais pour tenter de semer la zizanie dans leur rangs. Même utilité dans la guerre pour l’opinion publique annoncée.

  6. Martin

    Chantal Hébert envisage aujourd’hui cette possibilité:

    Scénario C: Stephen Harper démissionne comme chef conservateur et premier ministre.

    Option 1:Il faudrait un événement extraordinaire pour amener l’opposition à faire marche arrière dans son projet de faire tomber le gouvernement. La démission de Stephen Harper s’inscrirait d’office dans cette catégorie. Son remplacement par un ministre connu pour sa modération comme Jim Prentice calmerait les esprits et forcerait les trois autres partis à reconsidérer leur plan.

    Option 2: Le départ du premier ministre rendrait la perspective d’une coalition de rechange plus attrayante. La Gouverneure-générale aurait alors le choix entre un parti qui a perdu la confiance de la Chambre et qui est plongé dans une course au leadership et une coalition qui a la confiance des Communes et qui est également plongé dans une course au leadership.

    Les Canadiens seraient gouvernés ou bien par un Stéphane Dion qu’ils ont majoritairement rejetés ou bien par un conservateur pour lequel ils n’ont pas eu l’occasion de voter ou de voir en action.

    Il n’est pas évident qu’un choix consensuel pour remplacer Stephen Harper s’imposerait d’office. Son départ inopiné pourrait déclencher une guerre de clans au sein de sa formation. Les conservateurs, s’ils étaient quand même défaits aux Communes, seraient plus mal placés pour réclamer des élections immédiates.

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