Dimanche, après avoir appris à la dernière minute sur le site de Cyberpresse que le Mouvement Montréal Français organisait une manifestation au Parc Jeanne-Mance, j’ai décidé de sortir de mon cocon dans la Petite-Patrie et d’aller prendre du soleil au pied du Mont-Royal.
Sur mon chemin, j’ai croisé une procession de juïfs orthodoxes, qui fêtaient je ne sais quoi au son de la musique. J’ai trouvé assez fascinant le contraste entre cette musique qui, comme je n’en saisi un traître mot, m’apparaît joyeuse et festive, et le calme de foule.
Ensuite, après une lente marche où je testais mon nouvel appareil photo en le comparant avec mon ancien, je suis arrivé au pied du Mont-Royal qui, comme tous les dimanche, accueille les tams-tams. Il faisait chaud, les gens suaient, mon crâne suintait. Un charmante dame dansait le baladi devant les percussionnistes, sur le socle du monument érigé en l’honneur de Jacques-Cartier. Ceux qui n’avaient pas le courage de danser dans cette chaleur accablante marchaient lentement, mais le plus souvent avec le sourire.
Puis je suis descendu en bas de la côte, là où se dressaient des fleur-de-lysées. J’avais manqué les Loco Locass et le président de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, Jean Dorion, prenait la parole. Dorion n’est pas un grand orateur, mais son discours est responsable et prudent tout en demeurant revendicateur. Un extrait que vous n’entendrez certainement pas sur le site de Cyberpresse:
La hasard a voulu que ce dimanche-ci, Montréal m’aie montré toute sa richesse, sa diversité et aussi ses solitudes. La procession juïve était bien peu dérangeante certes, intéressante à voir et entendre, mais ces juïfs-là sont dans leur monde. Au seul son des tams-tams, loin des discours, le Montréal multi-ethnique se rencontre dans la joie et l’harmonie, toutes couleurs de peau confondues, du rose-qui-a-brûlé-au-soleil au brun-foncé-qui-a-appris-à-ne-pas-brûler-au-soleil. Et, au bas de la côte, pendant que d’autres jouaient au soccer, des “Québécois de souche” se retrouvaient seuls, si on peut dire. La foule des intéressés par la survie du fait français à Montréal était presque exclusivement composée de blancs. Malheureusement. Et cette foule fut bien modeste, la promotion de l’événement ayant probablement échoué à se faire entendre en cette fin de semaine de Grand Prix.