Le Plateau contre McCartney

20 juillet 2008 à 01:07
Catégorie(s): Montréal, Médias, Politique, Québec

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Falardeau demeure sur le Plateau. On m’a montré sa maison lorsque je déménageais un de ses voisins de quartier, il y a quelques années. Je n’ai aucune idée où restent Curzi et Tifo. Mais savez-vous où réside celui par qui le scandale McCartney est arrivé?

Luc Archambault, celui qui a invité d’autres artistes à signer son “mot de bienvenue”, est un artiste visuel de la région de Québec. Et oui!

Ça devrait boucher un coin aux adeptes des complots plateauistes, ceux qui blâment toujours Montréal pour tous les malheurs de Québec, même quand Paris Match fait une grosse bourde. Mais à ces populistes bien en vogue dans la région de Québec, il reste encore à traiter Archambault d’intellectuel déconnecté de la réalité, ou encore de parasite se faisant vivre par la société. En fait, il semble que ces malheureux personnages soient déjà à l’oeuvre…

Les pro-américains de la région n’ont pas été laissés pour compte non plus, puisque la BBC aurait fait de Québec une ville américaine:

La célèbre institution médiatique britannique BBC a localisé la ville de Québec aux États-Unis… avant de corriger le tir. Hier matin, le site Internet de l’entreprise relayait la nouvelle sur la «controverse» soulevée par l’incursion de Paul McCartney, un citoyen Anglais, dans le 400e anniversaire de l’arrivée des Français au Québec. Sous une photo de la vedette, la BBC soulignait que le spectacle de la capitale serait sa seule performance aux États-Unis cette année! Quelques heures plus tard, on indiquait plutôt que ce sera son seul spectacle en Amérique du Nord.

Bah! Que Québec soit américaine, canadienne ou québécoise, on s’en fout non? L’histoire et la politique n’ont pas d’importance, seule la fête compte, paraît-il. Happy Birthday Quebec!

Et tant qu’à nous traiter à qui mieux-mieux de colonisés: ne fait-il pas colonisé de répertorier les articles de la presse internationale traitant de cette “affaire”?

Petite vie…


Petite vie

17 juillet 2008 à 04:07
Catégorie(s): Montréal, Politique, Québec

8 commentaires »

Hier soir, un ami m’apprend que Pierre Curzi aurait dénoncé la venue de Paul McCartney. J’étais plus ou moins surpris, plutôt dépité, comme quand quelqu’un vient casser le party. Aujourd’hui, un de mes voisins, Ti-Mé, qui n’a à peu près que son balcon pour se rafraîchir l’été, sachant que je viens de Québec, que j’y ai passé la dernière semaine et y retourne quelques jours encore à partir de demain, me demande si je vais voir Paul McCartney. Je lui répond que je vais essayer de le voir, mais que je n’arriverai pas une nuit d’avance, que j’y vais pour le départ des voiliers et pour le Moulin à images de Lepage, que je n’ai pas encore vu. Aussi pour fuir la chaleur humide de la métropole. Et Ti-mé de me dire que Falardeau, Normand Brathwaite et d’autres artistes aussi dénoncent la venue à Québec, dans le cadre de son 400e anniversaire, du plus sage des Beatles. Je me procure pour une fois le Journal de Montréal pour en savoir plus et je lis les réactions, en page 50.

Je lis de Curzi:

Il y a une canadianisation évidente des fêtes du 400e. Ça devient un geste politique qui ternit sa présence.

Mmmm, pas faux. C’est vrai que le fédéral en a profité, que les souverainistes ont pris le tapis et que Québec a beaucoup fêté son anniversaire avec des artistes anglophones, comme Van Halen en ouverture du Festival d’été. Sans compter toute la récupération à laquelle a participé la Gouverneur générale, Michaëlle Jean. À coup de millions, le gouvernement fédéral a certainement réussi à relativiser tout ce qui se rapporte au fait français en Amérique ou à la naissance du Québec qu’aurait pu symboliser la fête de Québec… Comme toute cette délégation de Québec au Stampede de Calgary. 400 000 beaux dollars pour faire semblant qu’on vit dans un beau et grand pays uni, en donnant des foulards, des petits noeuds rappelant des ceintures fléchées, en tenant un kiosque entre deux stand de patates frites et en affublant le petit-monsieur-pas-de-cou d’un chapeau de cow-boy.

Puis, je lis de ce cher député adéquiste de la région de Québec, Sylvain Légaré:

Entendre une poignée d’artistes du Plateau et le porte-parole du PQ se plaindre, c’est inacceptable.

Et, d’ajouter candidement:

Toute cette polémique ce sont des sottises. À Québec, les gens ont l’esprit à la fête, on n’en a rien à faire de l’aspect historique et politique.

Un autre bel exemple du discours ras les pâquerettes des adéquistes. On va passer vite sur cette millionième référence à la clique du Plateau, j’en ai assez parlé ces derniers jours. Mais le “on n’en a rien à faire de l’aspect historique et politique”, ça ça fait aliéné, colonisé, Elvis Gratton, mettez-en. Il aurait pu répliquer sans lancer cette énormité.

Ailleurs, Légaré dit plutôt:

Les gens veulent juste un bon show. On ne peut pas nier l’histoire, mais restons loin des obsessions péquistes. Ici, à Québec, on ne parle pas du volet historique et de la politique fédérale.

À peine mieux. Monsieur Légaré s’offusque qu’on face de la petite politique sur la venue de McCartney, mais il en fait lui-même, trop heureux de s’en prendre aux péquistes. Et il répète à peu près la même connerie: “on ne parle pas du volet historique et de la politique fédérale”. Heille, gros jambon, réveille! Ok, on n’a pas à casser le party parce que Curzi et compagnie sont frustrés, mais l’histoire de Québec et du Québec ne sont pas que l’affaire du PQ, connard! Et ce n’est pas parce que le fédéral a déserré les cordons de sa bourse qu’il a pour autant acheté notre silence et notre esprit critique. C’est ça que ça donne une décennie de propagande anti-péquiste dans la région de Québec! Misère! Faut dire que Curzi et Falardeau, même s’ils ont raison sur le fond, n’aident pas leur cause en venant jouer les casseux de party. Ça manque clairement de flair politique! Curzi a encore des croûtes à manger comme politicien et Marois a vite compris qu’elle était mieux de dissocier son parti des démarches de Curzi.

Moi, je vous emmerde, fédéralistes, autonomistes ou souverainistes, vous avez tous un peu raison, mais je serai aux alentours pour voir ce qui se passe, pour entendre McCartney et peut-être le voir un peu, gros comme une fourmi. Je n’aurais jamais payé pour un billet de McCartney en salle, surtout que je suis de ceux qui en ont marre de la déification des Beatles, mais gratuitement, sur les Plaines, avec des centaines de milliers de mes semblables, ça vaut le détour! Pis ça a l’air que c’est le fédéral qui paie!


La babélisation du Québec

4 juillet 2008 à 07:07
Catégorie(s): Montréal, Politique, Société

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J’aurais pu écrire exactement la même chose,
mais c’est Joseph Facal qui l’a fait.

La babélisation du Québec

Les unes après les autres, les preuves s’accumulent. Mais nous continuons à nous laisser endormir.

Moins de la moitié des allophones utilisent le français dans leur vie de tous les jours.

La francisation de ceux qui ne sont pas d’origine latine - les Chinois, les Indiens, les Slaves - stagne autour de 15 % et n’a pas fait de progrès depuis… 30 ans

Qui nous dit cela ? Non, pas la Société Saint-Jean-Baptiste, mais le Conseil supérieur de la langue française, un organisme gouvernemental qui ne s’est pas distingué ces dernières années par son alarmisme.

Cela n’a pas empêché le gouvernement libéral, avec l’appui du Parti québécois, d’augmenter à 55 000 le nombre d’immigrants reçus chaque année, tout en retardant la publication d’autres données très inquiétantes et en clouant au pilori quiconque osait se questionner.

Le Conseil supérieur nous dit qu’il faut «agir d’urgence» et «massivement». La ministre Saint-Pierre, dont on a pu apprécier la vigueur, trouve cela «intéressant» et nous rappelle qu’elle agit «déjà». Ça vous rassure ?

LE MIROIR

Pour la millième fois, il faut redire que ce ne sont pas les immigrants qu’il faut montrer du doigt. C’est nous qui devons nous regarder dans le miroir.

L’immigrant, même s’il prétendra souvent le contraire parce qu’il sait la «bonne» réponse à donner, vient ici pour refaire sa vie, pas pour mener à notre place un combat que nous-mêmes ne voulons plus mener.

Car voilà toute la question : avons-nous encore envie de nous battre pour cette langue ?

Dans sa tête, l’immigrant n’a pas choisi le Québec, sauf exception. Il a choisi le Canada et l’Amérique du Nord, où l’anglais règne en maître et où le français est une langue ultra-minoritaire. Vous émigrez en Espagne : vous apprendrez d’abord l’espagnol ou le catalan ?

C’est comme ça PARTOUT et depuis TOUJOURS : l’immigrant penchera logiquement, naturellement du côté du groupe majoritaire, parce que c’est là que se trouvent les opportunités.

La situation du français en Amérique sera toujours délicate, mais si vous ne voyez pas le lien entre la condition minoritaire des francophones au Canada - et donc le statut politique du Québec - et l’avenir du français, c’est parce que vous ne voulez pas le voir.

À l’extérieur de la région métropolitaine, le français ne semble pas menacé, donc on s’en fout. La question linguistique y est vue comme une «patente montréalaise». Mais quand Montréal aura basculé, le compte à rebours s’enclenchera pour le reste du Québec.

DÉMISSIONS

Voyez aussi toutes ces petites démissions qui en disent si long. Nous passons immédiatement à l’anglais pour avoir l’air gentils et ouverts, où parce que c’est plus rapide pour nous faire comprendre… chez nous Nous regardons comme des excentriques ceux qui se battent encore pour cette langue. Nous laissons faire un gouvernement qui ne veut surtout pas prendre ce taureau par les cornes, de peur de déclencher une crise qui nuirait à ses intérêts partisans.

Nos petits-enfants nous poseront un jour la question : pourquoi avons-nous laissé faire ? Et si vous répondez en français, il n’est même pas dit qu’ils vous comprendront.


Faut-il en rire?

4 juillet 2008 à 07:07
Catégorie(s): Politique

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Wow! Ça inspire confiance tout ça!

Confusion au sujet du titulaire
du portefeuille des langues officielles

Depuis le dernier remaniement ministériel, la confusion règne au sujet du titulaire véritable du portefeuille des langues officielles.

Lors de l’annonce du remaniement le 25 juin, le premier ministre Harper a confirmé la nomination de James Moore au poste de secrétaire d’Etat, chargé de plusieurs dossiers dont celui des Jeux olympiques de Vancouver en 2010 et celui des langues officielles.

Sur la liste officielle des ministres mise à jour à la suite de ce remaniement, Josée Verner était toujours responsable du dossier des langues officielles. Sur cette liste disponible sur internet et sur papier, on confirmait également le nom de James Moore comme secrétaire d’Etat (langues officielles).

Le jour du remaniement, le quotidien Le Droit a fait une demande d’information au bureau de la ministre Josée Verner afin de connaître quelles seraient les responsabilités réelles de M. Moore dans le dossier des langues officielles.

«Je vous confirme que la ministre Josée Verner est maintenant ministre du Patrimoine canadien et de la Condition féminine et ministre de la Francophonie. Le portefeuille des langues officielles relève maintenant de M. Moore», a répondu l’attaché de presse de Mme Verner, Dominic Gosselin, dans un courriel transmis le 26 juin.

Depuis cette date, la ministre Josée Verner a pourtant continué à faire des annonces par voie de communiqué en s’identifiant toujours comme étant «ministre du Patrimoine canadien, de la Condition féminine et des Langues officielles et ministre de la Francophonie».

Le Droit tente d’avoir une explication au Bureau du premier ministre depuis le 27 juin. Personne n’a retourné les appels visant à clarifier qui est désormais responsable du dossier des langues officielles dans le gouvernement Harper.

Source: Cyberpresse


Augmentons la productivité!

1 juillet 2008 à 02:07
Catégorie(s): Politique, Société

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En ce premier juillet, j’ai pensé proposer quelque chose qui devrait faire plaisir à Alain Dubuc, pour qui il est si important d’augmenter la productivité des Québécois: abolissons le congé de la Fête du Canada!

En effet, comme la productivité au travail prend en compte le nombre d’heures travaillées et ce qui est produit, j’estime que souligner deux fêtes nationales au Québec fait perdre des millions de journées-hommes à l’économie du Québec. Il y en a une de trop et c’est celle d’aujourd’hui.

Voilà!


La droite contre Dumont

29 juin 2008 à 09:06
Catégorie(s): Politique

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Révolte contre Dumont parmi la droite de l’ADQ est le titre d’un article du Devoir rapportant la grogne de certains blogueurs politiques plutôt libertariens se disant trahis par Mario Dumont depuis que celui-ci prône l’achat local et demande que l’État québécois intervienne dans divers secteurs.

Pour moi, ça prouve deux choses: les libertariens rêvent en couleur et Mario n’est pas un cave.

Certains de vous qui m’accusez de démoniser l’ADQ n’avez peut-être pas remarqué, mais j’attaque rarement personnellement Mario et m’en prends le plus souvent au discours des adéquistes, habituellement un ramassis de clichés populistes. J’ai toujours eu un grand respect pour Mario. Je lui ai fait confiance dès 1994, j’ai placardé sa face sur des poteaux et moi-même été un poteau pour lui en 1998. C’est un gars intelligent, un peu trop straight à mon goût, mais sensé, avec une excellente mémoire dont je suis jaloux. Je n’ai jamais douté de son amour du Québec et des Québécois. Et ses récentes demandes d’intervention étatiste ou ses appels à acheter localement le prouvent, à mon avis. Comme son parti, il n’est pas mené par une idéologie, mais par un soucis de bien représenter son peuple, de bien le servir. Au grand dam des libertariens qui espéraient une révolution prochaine. Comment ceux-ci ont-ils pu croire que quelqu’un aspirant au pouvoir politique agirait autrement? D’une part, pour être élu, faut se rapprocher du centre. D’autre part un gars qui veut être Premier Ministre doit croire au moins un peu en la pertinence de l’État!


Les vrais nationalistes

25 juin 2008 à 12:06
Catégorie(s): Politique

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Les conservateurs sont les «vrais nationalistes», selon Harper.

Un de mes lecteurs sera heureux de lire cela! ;)


Bonne Saint-Jean!

24 juin 2008 à 03:06
Catégorie(s): Montréal, Médias, Politique, Québec

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Suite au billet tristounet de Renart sur le site Branchez-vous et à l’interrogation d’un lecteur sur le blogue du Dernier Québécois quant à un certain mythe montréalais, j’ai fouillé dans mes souvenirs pendant qu’il pleuvait.

En cette journée de la Fête nationale, alors que les sondages montrent que la région de Québec déçue de l’ADQ préfère élire les Libéraux plutôt que les souverainistes du PQ, alors que d’autres sondages montrent le pessimisme des Québécois quant à une éventuelle accession du Québec à sa souveraineté, alors que Harper vient fêter la Saint-Jean au Québec et que même les fervents patriotes se font défaitistes, je veux rappeler à ceux qui la souhaitent, cette souveraineté, ainsi qu’à ceux qui n’en veulent pas, que l’idée de souveraineté n’est pas morte. Elle n’est pas forte, mais elle est loin d’être morte. En fait, on pourrait même dire que l’option souverainiste est actuellement à son niveau plancher mais que, si elle est le moindrement appuyée de la bonne manière, elle ne peut que remonter.

La tâche est ardue, beaucoup trop de gens se laissant influencer par certains chiffres des médias et par les grandes gueules de la radio ou de la télé, qui ont le champ libre depuis trop longtemps. Je demeure convaincu qu’André Arthur et son successeur Fillion ont fait plus de dommages dans la région de Québec qu’Alain Dubuc et tous ses malices, ceux-ci étant sommes toutes réservée à ceux qui lisent les éditoriaux, une espèce en voie de disparition si on se fie à d’autres chiffres déprimants sur la consommation d’information des Québécois.

Les chiffres récents, à première vue, font peur aussi. Pourtant, on remarquera qu’on sonde ces jours-ci la croyance que la souveraineté se fera, pas le souhait de la faire. Ces jours-ci, beaucoup de ceux qui aimeraient que le Québec devienne souverain ne croient plus que cela arrivera. Or, à 42% de Québecois qui se disent toujours prêts à voter OUI, on peut encore dire que la majorité des Québécois d’origine canadienne-française est en faveur de la souveraineté. Il faut trouver le moyen de rejoindre ceux chez les francophones qui ont développé une allergie au discours souverainiste et qui tentent de (se) convaincre que ce débat nous a fait perdre du temps et qu’il est temps de passer à autre chose. C’est plutôt le contraire: il est encore temps de la faire, la souveraineté et ce sont ces francophones qui ont voté NON et ces politiciens qui nous ont laissé croire qu’une autre voie était possible qui nous ont fait perdre de notre précieux temps. Nous pouvons encore la faire, la souveraineté, pendant que les babyboomers sont encore de ce monde, alors qu’on peut toujours compter sur un appui majoritaire chez les jeunes, pendant que l’immigration n’a pas encore rendu mathématiquement impossible l’atteinte de ce but. Tous ceux qui craignent pour leur culture au point de croire qu’on doit légiférer contre la lapidation (!) mais qui font encore la sourde oreille aux souverainistes devraient se rendre compte qu’ils sont eux-même la cause des problèmes. Le Québec devenu un pays officiellement francophone, le message serait clair pour les immigrants et la survie de notre culture déjà beaucoup mieux assurée!

Bonne Saint-Jean! Le soleil se pointe, alors je vais prendre mon bain de foule et quelques photos!


Un dimanche à Montréal

10 juin 2008 à 05:06
Catégorie(s): Montréal, Politique, Société, Vidéo

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Dimanche, après avoir appris à la dernière minute sur le site de Cyberpresse que le Mouvement Montréal Français organisait une manifestation au Parc Jeanne-Mance, j’ai décidé de sortir de mon cocon dans la Petite-Patrie et d’aller prendre du soleil au pied du Mont-Royal.

Sur mon chemin, j’ai croisé une procession de juïfs orthodoxes, qui fêtaient je ne sais quoi au son de la musique. J’ai trouvé assez fascinant le contraste entre cette musique qui, comme je n’en saisi un traître mot, m’apparaît joyeuse et festive, et le calme de foule.

Ensuite, après une lente marche où je testais mon nouvel appareil photo en le comparant avec mon ancien, je suis arrivé au pied du Mont-Royal qui, comme tous les dimanche, accueille les tams-tams. Il faisait chaud, les gens suaient, mon crâne suintait. Un charmante dame dansait le baladi devant les percussionnistes, sur le socle du monument érigé en l’honneur de Jacques-Cartier. Ceux qui n’avaient pas le courage de danser dans cette chaleur accablante marchaient lentement, mais le plus souvent avec le sourire.

Puis je suis descendu en bas de la côte, là où se dressaient des fleur-de-lysées. J’avais manqué les Loco Locass et le président de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, Jean Dorion, prenait la parole. Dorion n’est pas un grand orateur, mais son discours est responsable et prudent tout en demeurant revendicateur. Un extrait que vous n’entendrez certainement pas sur le site de Cyberpresse:

La hasard a voulu que ce dimanche-ci, Montréal m’aie montré toute sa richesse, sa diversité et aussi ses solitudes. La procession juïve était bien peu dérangeante certes, intéressante à voir et entendre, mais ces juïfs-là sont dans leur monde. Au seul son des tams-tams, loin des discours, le Montréal multi-ethnique se rencontre dans la joie et l’harmonie, toutes couleurs de peau confondues, du rose-qui-a-brûlé-au-soleil au brun-foncé-qui-a-appris-à-ne-pas-brûler-au-soleil. Et, au bas de la côte, pendant que d’autres jouaient au soccer, des “Québécois de souche” se retrouvaient seuls, si on peut dire. La foule des intéressés par la survie du fait français à Montréal était presque exclusivement composée de blancs. Malheureusement. Et cette foule fut bien modeste, la promotion de l’événement ayant probablement échoué à se faire entendre en cette fin de semaine de Grand Prix.


De la qualité de notre information

1 juin 2008 à 02:06
Catégorie(s): Médias, Politique

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Un autre article qui vient me conforter dans mes positions: Journaliste, une espèce en voie de disparition, par Lise Payette. Tout son texte est intéressant, alors je vous invite à le lire, sur le site du Devoir. En gros, Mme Payette dénonce la baisse de qualité de l’information au Québec, notamment les effets pervers de la convergence à la Quebecor.

Je ne citerai qu’un passage, pour taquiner certains de mes lecteurs, qui confirme mon impression selon laquelle on entend trop les Dubuc et Pratte à Radio-Canada:

Gesca et Radio-Canada par exemple auraient signé une entente pour leur permettre d’élargir un peu plus leur présence face à Quebecor. On n’a pas fini de voir des journalistes de Radio-Canada interviewant des journalistes de La Presse comme s’ils étaient des spécialistes hautement qualifiés dans leurs domaines.

On n’a pas fini, non plus, d’entendre des journalistes de Radio-Canada faire «un détour en calèche» pour ne pas avoir à parler sérieusement de la souveraineté du Québec, de l’identité québécoise ou du désir des Québécois de sortir de l’Afghanistan. Les journalistes de Radio-Canada sont neutres… comme ceux de La Presse. Tout le monde doit le croire.

Il fut un temps au Québec où le propriétaire d’un journal pouvait être de l’allégeance politique qu’il voulait sans que ça teinte son journal. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Il suffit d’avoir des yeux pour lire. Certains journalistes sont devenus comme ces mercenaires qui font la guerre du patron.

компютри втора употреба

À sa décharge, j’ajouterai que Radio-Canada invite des journalistes du Devoir également. Tout de même, plus j’y pense, plus je me dis qu’il faudrait faire quelque chose pour protéger une certaine diversité de l’information et donner une tribune solide aux progressistes souverainistes, qui n’ont que le très peu lu Devoir… et peut-être quelques blogues… ;)

Quebecor fait du bon pour notre culture, comme la numérisation des films québécois, mais son obsession pour la rentabilité et la convergence lui donnent l’allure et la subtilité d’un rouleau compresseur. Via les journaux de Gesca et le site Cyberpresse, PowerCorporation peut aussi imposer ses propres lignes éditoriales, surtout s’il est aidé par Radio-Canada! Ça prendrait un nouveau groupe, un troisième grand joueur qui ferait sa propre mini-convergence, et ce, hors de Montréal. Un journal, à la fois aussi solide, plus accessible et plus largement distribué que Le Devoir, avec le même genre de ligne éditoriale que Le Devoir, donc moins sensationnaliste et, surtout, moins corporatiste que les journaux de Gesca. Sur Internet, il faudrait pouvoir répondre à la propagande des Dubuc et cie d’une manière aussi directe que les clips pour idiovisuels de Cyberpresse. L’antenne principale de ce nouveau groupe d’information devrait être située à Québec, pour contrer cette méfiance à la fois malsaine et justifiée envers les médias montréalais, mais diffuser jusqu’à Montréal, pour montrer le Québec aux métropolitains. Incidemment, à Québec, il y a plein de journalistes en chômage ou en grève… Et il y a un poste de télévision chambranlant qui pourrait peut-être servir à autre chose qu’à l’Avocat du diable…

Je ne sais pas… Je réfléchi tout haut…





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