La babélisation du Québec

4 juillet 2008 à 07:07
Catégorie(s): Montréal, Politique, Société

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J’aurais pu écrire exactement la même chose,
mais c’est Joseph Facal qui l’a fait.

La babélisation du Québec

Les unes après les autres, les preuves s’accumulent. Mais nous continuons à nous laisser endormir.

Moins de la moitié des allophones utilisent le français dans leur vie de tous les jours.

La francisation de ceux qui ne sont pas d’origine latine - les Chinois, les Indiens, les Slaves - stagne autour de 15 % et n’a pas fait de progrès depuis… 30 ans

Qui nous dit cela ? Non, pas la Société Saint-Jean-Baptiste, mais le Conseil supérieur de la langue française, un organisme gouvernemental qui ne s’est pas distingué ces dernières années par son alarmisme.

Cela n’a pas empêché le gouvernement libéral, avec l’appui du Parti québécois, d’augmenter à 55 000 le nombre d’immigrants reçus chaque année, tout en retardant la publication d’autres données très inquiétantes et en clouant au pilori quiconque osait se questionner.

Le Conseil supérieur nous dit qu’il faut «agir d’urgence» et «massivement». La ministre Saint-Pierre, dont on a pu apprécier la vigueur, trouve cela «intéressant» et nous rappelle qu’elle agit «déjà». Ça vous rassure ?

LE MIROIR

Pour la millième fois, il faut redire que ce ne sont pas les immigrants qu’il faut montrer du doigt. C’est nous qui devons nous regarder dans le miroir.

L’immigrant, même s’il prétendra souvent le contraire parce qu’il sait la «bonne» réponse à donner, vient ici pour refaire sa vie, pas pour mener à notre place un combat que nous-mêmes ne voulons plus mener.

Car voilà toute la question : avons-nous encore envie de nous battre pour cette langue ?

Dans sa tête, l’immigrant n’a pas choisi le Québec, sauf exception. Il a choisi le Canada et l’Amérique du Nord, où l’anglais règne en maître et où le français est une langue ultra-minoritaire. Vous émigrez en Espagne : vous apprendrez d’abord l’espagnol ou le catalan ?

C’est comme ça PARTOUT et depuis TOUJOURS : l’immigrant penchera logiquement, naturellement du côté du groupe majoritaire, parce que c’est là que se trouvent les opportunités.

La situation du français en Amérique sera toujours délicate, mais si vous ne voyez pas le lien entre la condition minoritaire des francophones au Canada - et donc le statut politique du Québec - et l’avenir du français, c’est parce que vous ne voulez pas le voir.

À l’extérieur de la région métropolitaine, le français ne semble pas menacé, donc on s’en fout. La question linguistique y est vue comme une «patente montréalaise». Mais quand Montréal aura basculé, le compte à rebours s’enclenchera pour le reste du Québec.

DÉMISSIONS

Voyez aussi toutes ces petites démissions qui en disent si long. Nous passons immédiatement à l’anglais pour avoir l’air gentils et ouverts, où parce que c’est plus rapide pour nous faire comprendre… chez nous Nous regardons comme des excentriques ceux qui se battent encore pour cette langue. Nous laissons faire un gouvernement qui ne veut surtout pas prendre ce taureau par les cornes, de peur de déclencher une crise qui nuirait à ses intérêts partisans.

Nos petits-enfants nous poseront un jour la question : pourquoi avons-nous laissé faire ? Et si vous répondez en français, il n’est même pas dit qu’ils vous comprendront.


Faut-il en rire?

4 juillet 2008 à 07:07
Catégorie(s): Politique

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Wow! Ça inspire confiance tout ça!

Confusion au sujet du titulaire
du portefeuille des langues officielles

Depuis le dernier remaniement ministériel, la confusion règne au sujet du titulaire véritable du portefeuille des langues officielles.

Lors de l’annonce du remaniement le 25 juin, le premier ministre Harper a confirmé la nomination de James Moore au poste de secrétaire d’Etat, chargé de plusieurs dossiers dont celui des Jeux olympiques de Vancouver en 2010 et celui des langues officielles.

Sur la liste officielle des ministres mise à jour à la suite de ce remaniement, Josée Verner était toujours responsable du dossier des langues officielles. Sur cette liste disponible sur internet et sur papier, on confirmait également le nom de James Moore comme secrétaire d’Etat (langues officielles).

Le jour du remaniement, le quotidien Le Droit a fait une demande d’information au bureau de la ministre Josée Verner afin de connaître quelles seraient les responsabilités réelles de M. Moore dans le dossier des langues officielles.

«Je vous confirme que la ministre Josée Verner est maintenant ministre du Patrimoine canadien et de la Condition féminine et ministre de la Francophonie. Le portefeuille des langues officielles relève maintenant de M. Moore», a répondu l’attaché de presse de Mme Verner, Dominic Gosselin, dans un courriel transmis le 26 juin.

Depuis cette date, la ministre Josée Verner a pourtant continué à faire des annonces par voie de communiqué en s’identifiant toujours comme étant «ministre du Patrimoine canadien, de la Condition féminine et des Langues officielles et ministre de la Francophonie».

Le Droit tente d’avoir une explication au Bureau du premier ministre depuis le 27 juin. Personne n’a retourné les appels visant à clarifier qui est désormais responsable du dossier des langues officielles dans le gouvernement Harper.

Source: Cyberpresse


Augmentons la productivité!

1 juillet 2008 à 02:07
Catégorie(s): Politique, Société

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En ce premier juillet, j’ai pensé proposer quelque chose qui devrait faire plaisir à Alain Dubuc, pour qui il est si important d’augmenter la productivité des Québécois: abolissons le congé de la Fête du Canada!

En effet, comme la productivité au travail prend en compte le nombre d’heures travaillées et ce qui est produit, j’estime que souligner deux fêtes nationales au Québec fait perdre des millions de journées-hommes à l’économie du Québec. Il y en a une de trop et c’est celle d’aujourd’hui.

Voilà!


La droite contre Dumont

29 juin 2008 à 09:06
Catégorie(s): Politique

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Révolte contre Dumont parmi la droite de l’ADQ est le titre d’un article du Devoir rapportant la grogne de certains blogueurs politiques plutôt libertariens se disant trahis par Mario Dumont depuis que celui-ci prône l’achat local et demande que l’État québécois intervienne dans divers secteurs.

Pour moi, ça prouve deux choses: les libertariens rêvent en couleur et Mario n’est pas un cave.

Certains de vous qui m’accusez de démoniser l’ADQ n’avez peut-être pas remarqué, mais j’attaque rarement personnellement Mario et m’en prends le plus souvent au discours des adéquistes, habituellement un ramassis de clichés populistes. J’ai toujours eu un grand respect pour Mario. Je lui ai fait confiance dès 1994, j’ai placardé sa face sur des poteaux et moi-même été un poteau pour lui en 1998. C’est un gars intelligent, un peu trop straight à mon goût, mais sensé, avec une excellente mémoire dont je suis jaloux. Je n’ai jamais douté de son amour du Québec et des Québécois. Et ses récentes demandes d’intervention étatiste ou ses appels à acheter localement le prouvent, à mon avis. Comme son parti, il n’est pas mené par une idéologie, mais par un soucis de bien représenter son peuple, de bien le servir. Au grand dam des libertariens qui espéraient une révolution prochaine. Comment ceux-ci ont-ils pu croire que quelqu’un aspirant au pouvoir politique agirait autrement? D’une part, pour être élu, faut se rapprocher du centre. D’autre part un gars qui veut être Premier Ministre doit croire au moins un peu en la pertinence de l’État!


Les vrais nationalistes

25 juin 2008 à 12:06
Catégorie(s): Politique

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Les conservateurs sont les «vrais nationalistes», selon Harper.

Un de mes lecteurs sera heureux de lire cela! ;)


Bonne Saint-Jean!

24 juin 2008 à 03:06
Catégorie(s): Montréal, Médias, Politique, Québec

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Suite au billet tristounet de Renart sur le site Branchez-vous et à l’interrogation d’un lecteur sur le blogue du Dernier Québécois quant à un certain mythe montréalais, j’ai fouillé dans mes souvenirs pendant qu’il pleuvait.

En cette journée de la Fête nationale, alors que les sondages montrent que la région de Québec déçue de l’ADQ préfère élire les Libéraux plutôt que les souverainistes du PQ, alors que d’autres sondages montrent le pessimisme des Québécois quant à une éventuelle accession du Québec à sa souveraineté, alors que Harper vient fêter la Saint-Jean au Québec et que même les fervents patriotes se font défaitistes, je veux rappeler à ceux qui la souhaitent, cette souveraineté, ainsi qu’à ceux qui n’en veulent pas, que l’idée de souveraineté n’est pas morte. Elle n’est pas forte, mais elle est loin d’être morte. En fait, on pourrait même dire que l’option souverainiste est actuellement à son niveau plancher mais que, si elle est le moindrement appuyée de la bonne manière, elle ne peut que remonter.

La tâche est ardue, beaucoup trop de gens se laissant influencer par certains chiffres des médias et par les grandes gueules de la radio ou de la télé, qui ont le champ libre depuis trop longtemps. Je demeure convaincu qu’André Arthur et son successeur Fillion ont fait plus de dommages dans la région de Québec qu’Alain Dubuc et tous ses malices, ceux-ci étant sommes toutes réservée à ceux qui lisent les éditoriaux, une espèce en voie de disparition si on se fie à d’autres chiffres déprimants sur la consommation d’information des Québécois.

Les chiffres récents, à première vue, font peur aussi. Pourtant, on remarquera qu’on sonde ces jours-ci la croyance que la souveraineté se fera, pas le souhait de la faire. Ces jours-ci, beaucoup de ceux qui aimeraient que le Québec devienne souverain ne croient plus que cela arrivera. Or, à 42% de Québecois qui se disent toujours prêts à voter OUI, on peut encore dire que la majorité des Québécois d’origine canadienne-française est en faveur de la souveraineté. Il faut trouver le moyen de rejoindre ceux chez les francophones qui ont développé une allergie au discours souverainiste et qui tentent de (se) convaincre que ce débat nous a fait perdre du temps et qu’il est temps de passer à autre chose. C’est plutôt le contraire: il est encore temps de la faire, la souveraineté et ce sont ces francophones qui ont voté NON et ces politiciens qui nous ont laissé croire qu’une autre voie était possible qui nous ont fait perdre de notre précieux temps. Nous pouvons encore la faire, la souveraineté, pendant que les babyboomers sont encore de ce monde, alors qu’on peut toujours compter sur un appui majoritaire chez les jeunes, pendant que l’immigration n’a pas encore rendu mathématiquement impossible l’atteinte de ce but. Tous ceux qui craignent pour leur culture au point de croire qu’on doit légiférer contre la lapidation (!) mais qui font encore la sourde oreille aux souverainistes devraient se rendre compte qu’ils sont eux-même la cause des problèmes. Le Québec devenu un pays officiellement francophone, le message serait clair pour les immigrants et la survie de notre culture déjà beaucoup mieux assurée!

Bonne Saint-Jean! Le soleil se pointe, alors je vais prendre mon bain de foule et quelques photos!


Un dimanche à Montréal

10 juin 2008 à 05:06
Catégorie(s): Montréal, Politique, Société, Vidéo

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Dimanche, après avoir appris à la dernière minute sur le site de Cyberpresse que le Mouvement Montréal Français organisait une manifestation au Parc Jeanne-Mance, j’ai décidé de sortir de mon cocon dans la Petite-Patrie et d’aller prendre du soleil au pied du Mont-Royal.

Sur mon chemin, j’ai croisé une procession de juïfs orthodoxes, qui fêtaient je ne sais quoi au son de la musique. J’ai trouvé assez fascinant le contraste entre cette musique qui, comme je n’en saisi un traître mot, m’apparaît joyeuse et festive, et le calme de foule.

Ensuite, après une lente marche où je testais mon nouvel appareil photo en le comparant avec mon ancien, je suis arrivé au pied du Mont-Royal qui, comme tous les dimanche, accueille les tams-tams. Il faisait chaud, les gens suaient, mon crâne suintait. Un charmante dame dansait le baladi devant les percussionnistes, sur le socle du monument érigé en l’honneur de Jacques-Cartier. Ceux qui n’avaient pas le courage de danser dans cette chaleur accablante marchaient lentement, mais le plus souvent avec le sourire.

Puis je suis descendu en bas de la côte, là où se dressaient des fleur-de-lysées. J’avais manqué les Loco Locass et le président de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, Jean Dorion, prenait la parole. Dorion n’est pas un grand orateur, mais son discours est responsable et prudent tout en demeurant revendicateur. Un extrait que vous n’entendrez certainement pas sur le site de Cyberpresse:

La hasard a voulu que ce dimanche-ci, Montréal m’aie montré toute sa richesse, sa diversité et aussi ses solitudes. La procession juïve était bien peu dérangeante certes, intéressante à voir et entendre, mais ces juïfs-là sont dans leur monde. Au seul son des tams-tams, loin des discours, le Montréal multi-ethnique se rencontre dans la joie et l’harmonie, toutes couleurs de peau confondues, du rose-qui-a-brûlé-au-soleil au brun-foncé-qui-a-appris-à-ne-pas-brûler-au-soleil. Et, au bas de la côte, pendant que d’autres jouaient au soccer, des “Québécois de souche” se retrouvaient seuls, si on peut dire. La foule des intéressés par la survie du fait français à Montréal était presque exclusivement composée de blancs. Malheureusement. Et cette foule fut bien modeste, la promotion de l’événement ayant probablement échoué à se faire entendre en cette fin de semaine de Grand Prix.


De la qualité de notre information

1 juin 2008 à 02:06
Catégorie(s): Médias, Politique

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Un autre article qui vient me conforter dans mes positions: Journaliste, une espèce en voie de disparition, par Lise Payette. Tout son texte est intéressant, alors je vous invite à le lire, sur le site du Devoir. En gros, Mme Payette dénonce la baisse de qualité de l’information au Québec, notamment les effets pervers de la convergence à la Quebecor.

Je ne citerai qu’un passage, pour taquiner certains de mes lecteurs, qui confirme mon impression selon laquelle on entend trop les Dubuc et Pratte à Radio-Canada:

Gesca et Radio-Canada par exemple auraient signé une entente pour leur permettre d’élargir un peu plus leur présence face à Quebecor. On n’a pas fini de voir des journalistes de Radio-Canada interviewant des journalistes de La Presse comme s’ils étaient des spécialistes hautement qualifiés dans leurs domaines.

On n’a pas fini, non plus, d’entendre des journalistes de Radio-Canada faire «un détour en calèche» pour ne pas avoir à parler sérieusement de la souveraineté du Québec, de l’identité québécoise ou du désir des Québécois de sortir de l’Afghanistan. Les journalistes de Radio-Canada sont neutres… comme ceux de La Presse. Tout le monde doit le croire.

Il fut un temps au Québec où le propriétaire d’un journal pouvait être de l’allégeance politique qu’il voulait sans que ça teinte son journal. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Il suffit d’avoir des yeux pour lire. Certains journalistes sont devenus comme ces mercenaires qui font la guerre du patron.

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À sa décharge, j’ajouterai que Radio-Canada invite des journalistes du Devoir également. Tout de même, plus j’y pense, plus je me dis qu’il faudrait faire quelque chose pour protéger une certaine diversité de l’information et donner une tribune solide aux progressistes souverainistes, qui n’ont que le très peu lu Devoir… et peut-être quelques blogues… ;)

Quebecor fait du bon pour notre culture, comme la numérisation des films québécois, mais son obsession pour la rentabilité et la convergence lui donnent l’allure et la subtilité d’un rouleau compresseur. Via les journaux de Gesca et le site Cyberpresse, PowerCorporation peut aussi imposer ses propres lignes éditoriales, surtout s’il est aidé par Radio-Canada! Ça prendrait un nouveau groupe, un troisième grand joueur qui ferait sa propre mini-convergence, et ce, hors de Montréal. Un journal, à la fois aussi solide, plus accessible et plus largement distribué que Le Devoir, avec le même genre de ligne éditoriale que Le Devoir, donc moins sensationnaliste et, surtout, moins corporatiste que les journaux de Gesca. Sur Internet, il faudrait pouvoir répondre à la propagande des Dubuc et cie d’une manière aussi directe que les clips pour idiovisuels de Cyberpresse. L’antenne principale de ce nouveau groupe d’information devrait être située à Québec, pour contrer cette méfiance à la fois malsaine et justifiée envers les médias montréalais, mais diffuser jusqu’à Montréal, pour montrer le Québec aux métropolitains. Incidemment, à Québec, il y a plein de journalistes en chômage ou en grève… Et il y a un poste de télévision chambranlant qui pourrait peut-être servir à autre chose qu’à l’Avocat du diable…

Je ne sais pas… Je réfléchi tout haut…


Le rapport sous tous ses rapports

25 mai 2008 à 12:05
Catégorie(s): Diaporamas, Montréal, Médias, Politique, Société

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Personnellement, je n’ai toujours pas lu le Rapport Bouchard-Taylor, mais au lendemain de son dépôt, je me suis procuré les quatre principaux quotidiens montréalais pour voir comment ils traitaient la nouvelle. C’est assez fascinant de voir comment les différents médias y ont vu ce qu’ils voulaient bien voir. Malgré leurs positions éditoriales bien connues sur la question nationale, Le Devoir et The Gazette n’ont pas détourné outre mesure la nouvelle en fonction de leurs idéologies. Je dirais que La Presse a offert la meilleur couverture, non pas grâce à Dubuc et Pratte, qui commencent déjà, eux, à vouloir mal faire paraître les partis d’opposition nationalistes, mais grâce à Yves Boisvert et Vincent Marrissal, qui ont écrit vendredi, et Foglia, qui a écrit sur le sujet samedi. Le Prix Citron est décerné au Journal de Montréal qui, s’il n’est pas nommément visé par les commissaires pour les dérapages médiatiques, se défend pathétiquement tout en continuant à pondre des titres populistes de la même nature que ceux qui ont mis le feu aux poudres.

Les manchettes

La Presse a choisi LE grand titre que j’attendais : “Le Québec n’a pas à rougir”. J’ai écouté la conférence de presse de Bouchard et Taylor. Taylor l’a affirmé de façon sentie, avec émotion et fierté: un tel débat n’aurait pu se tenir aussi sereinement ailleurs, des collègues européens lui ont fait remarquer. Boisvert écrit que “Nos enfants sont déjà ailleurs” et Marissal titre sa chronique “Les suites d’une fausse crise”. Les deux chroniqueurs disent ce que je croyais et ce que les commissaires concluent: le Québec n’est pas en train de crouler sous les cas d’accomodements déraisonnables. Et c’est assez plaisant de lire dans La Presse que le modèle de multiculturalisme canadien n’est pas approprié au Québec.

Par contre, contrairement à d’autres médias, y compris le Journal de Montréal, La Presse n’a pas présenté la démystification des cas d’accommodement raisonnable qui ont fait s’énerver bien des Québécois. J’ai bien aimé que les commissaires confrontent “les faits” et leur “perceptions erronées”. Je connaissais toute l’absurdité du “cas de la cabane à sucre”, mais j’en ai appris à propos de celui des vitres givrées du YMCA en plein quartier juïf: la bâtisse avait été reconstruite il y a une dizaine d’années, il n’y avait auparavant pas de grandes fenêtres donnant sur la synagogue. Déjà ça met en perspective! Pourquoi est-ce que je ne l’apprend que deux ans plus tard?

Pathétique Journal de Montréal

Je m’attarde ici sur le cas du Journal de Montréal, que je ne lis habituellement qu’au restaurant parce qu’il ne prend pas trop de place. “Soyez encore plus accommodants” titre-t-il. Avec dans la colonne de droite, Martineau qui demande “On est tous des cons, c’est ça?”, Aubin qui affirme “Elvis Gratton peut prendre sa retraite”, Bazzo qui demande à son tour “Maintenant, ferez-vous partie des moutons?” et Christopher Hall qui présente “L’histoire de deux vieux intellos full patch en 1839″! Ça fait une bien belle première page!!!

Dans le premier article intitulé “Jean Charest sauve le crucifix”, Yves Chartrand insiste sur le fait que Charest conservera une distance critique face au rapport.

Dès le second article, le Journal commence à se justifier:

Notons que les extraits publiés samedi dans The Gazette, puis dans Le Journal de Montréal, sont conformes en tout point avec le rapport final. Une grande portion du rapport sert ainsi à dire aux Québécois de souche de mieux traiter les minorités de la province.

Page 4, en haut, le tristement célèbre maire d’Hérouxville est cité: “Si vous me demandez si je suis satisfait de cette décision-là… Ça n’a aucune allure” juste à côté d’une femme voilée qui, elle, dit: “C’est une grande journée pour l’avenir du Québec”. Ou l’art d’antagoniser! Sur la même page, à propos des recommandations demandant de mieux étudier la question, on écrit “Ouvrez vos portefeuilles” et on résume ces propositions par un tableau titré “Encore des comités à créer”. Est-ce que l’article rappelle que la commission a économisé plus d’un millions de dollars sur le budget prévu? Non.

La page 5 présente trois cas démystifiés par les commissionnaires et s’intitule “La vérité, selon les commissaires“. Son amorce: “Soutenant que les médias ont monté en épingle une série d’événements anodins qui ont été mal interprétés par une partie de la population, les commissaires sont allés sur le terrain, disent-ils, à la recherche de la vérité”. Et, à chaque cas, d’ajouter une étoile se rapportant à une note de bas de page disant “Il faut bien noter que cette perception populaire ne correspond pas à la version des faits dûment vérifiés et publiés dans les médias écrits”. Tout ça ne sonne-t-il pas comme “ce n’est pas notre faute” et “les intellos imposent leur vérités”!? Viennent ensuite les opinions de Martineau et Aubin, dont les titres des chroniques ne sont pas ceux de la première page. Martineau sombre de plus en plus dans la facilité populiste. Il semble prendre cela personnel en parlant des journalistes “qui regardent leurs confrères de haut” et parle d’aveuglement:

Mais de là à dire que le malaise que la plupart des Québécois ressentent face à l’histoire des accommodements est dû à une mauvaise perception, il y a une limite. Ce n’est plus de la mauvaise foi, c’est de l’aveuglement! Les profs, les intervenants de la santé, les représentants syndicaux, toutes les personnes qui ont pris la parole pour dire qu’elles sont RÉGULIÈREMENT prises avec des demandes d’accommodements déraisonnables - tous ces gens ont mal vu?

Heureusement, Aubin reconnaît que “les médias se sont lancés dans une chasse enthousiaste aux histoires abracadabrantes”, mais conclut: “La question qui reste, c’est: qui, de nos jours, veut s’accommoder de propos si raisonnables?”. Pas le Journal de Montréal, semble-t-il.

Quand on choisit le Québec

Finalement, tant qu’à être dans l’analyse des médias, un dernier mot sur la publicité du Gouvernement du Québec parue le jour même de la sortie du rapport. Faut pas être dupe: celle-ci est en fait une publicité sur Jean Charest, pour Jean Charest. Le titre ne fait pas innocemment référence à sa biographie intitulée “J’ai choisi le Québec”. Ça représente ce que le PLQ tente de faire: se montrer lui aussi défenseur de la nation québécoise. C’est la même logique qui l’a fait proposer rapidement sa motion sur le maintien du crucifix à l’Assemblée Nationale: il veut conserver le vote des “vieux canadiens-français”.

Charest se paie de la pub perso

À lire les écrits des analystes politiques et des éditorialistes fédéralistes, il n’y a pas que Pauline Marois et Mario Dumont qui aient été nerveux à la veille de la publication du rapport. Non, il n’y a pas de crise des accommodements raisonnables. Mais la question identitaire, elle, est à fleur de peau. Charest a beau espérer que l’été fasse tout oublier, ce n’est pas fini cette affaire-là!


Dubuc en remet

25 mai 2008 à 10:05
Catégorie(s): Politique

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Alain Dubuc ose s’approprier l’héritage de René Lévesque pour, encore une fois, faire passer les souverainistes pour des xénophobes. Je suis bien heureux d’avoir écrit un billet sur lui il y a quelques jours, où j’écrivais qu’il faisait constamment des procès d’intentions aux souverainistes. En réponse à un commentaire d’un lecteur, j’écrivais littéralement qu’il “accuse toujours en mots demi-couverts les souverainistes d’être fermés sur eux-même, intolérants, etc.”

Ce matin, en lisant le premier paragraphe de sa dernière missive, je me suis demandé s’il ne me ferait pas mentir:

Le Parti québécois, durant toute son histoire, s’est efforcé d’être un parti d’inclusion, qui a défendu l’idée du nationalisme civique, qui a innové dans les rapports entre la majorité et les minorités, avec les initiatives du gouvernement Lévesque et de son ministre Gérald Godin, ou avec la paix des Braves du gouvernement Landry.

Remarquez que même déjà dans ce qui semble des fleurs avant le pot, il écrit que le PQ “s’est efforcé d’être” et non pas “a été” un parti d’inclusion. Mais le bon vieux Capitaine Canada redevient vite et plus évidemment lui-même:

L’attitude de la majorité face aux minorités est maintenant le principal test, partout en Occident, pour définir la modernité d’un courant politique et distinguer les progressistes des réactionnaires. À cet égard, le PQ est devenu un parti de droite.

Puis…

Enfin, le PQ maintient une troublante confusion, une zone grise où la frontière entre l’inquiétude linguistique et la méfiance de l’immigration n’est jamais claire. En commençant par le fait que l’élément qui permet au PQ de parler de recul du français est la croissance de l’immigration. Et aussi parce que les messages sur le caractère inclusif du «nous» sont systématiquement contredits par des politiques qui reposent sur la contrainte et la coercition envers les minorités.

C’est tout ce qui trouve à dire du Rapport Bouchard-Taylor? Il faut absolument qu’il attaque le PQ? C’est quand même drôle qu’il ne souligne pas, par exemple, que le rapport écrit en noir sur blanc que le modèle multiculturaliste canadien ne sied pas au Québec, hein? Pourquoi ne parle-t-il pas du ridicule à-plat-ventrisme purement électoraliste de l’ensemble de l’Assemblée Nationale sur la question de son crucifix? C’est bien évident, une fois de plus que pour Dubuc tout est prétexte à du pékisse bashing.





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