Bientôt le rapport

22 mai 2008 à 11:05
Catégorie(s): Montréal, Politique, Québec, Société

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Au moment où je serai en train de regarder le dernier Indiana Jones, les journalistes seront en train de lire le rapport de la Commission Bouchard-Taylor.

Vision for a new Quebec

Je suis de ceux qui ont acheté la Gazette le week-end dernier, titillé par le sous-titre “Learn more English - Be nicer to Muslims - Get better informed“. D’accord pour être plus gentils avec les Musulmans: je suis sûr qu’ils souffrent beaucoup du 11 septembre 2001 et les morons d’Hérouxville ont bien illustré l’ignorance à leur égard en interdisant la lapidation. D’accord pour être mieux informés. Je vis des technologies de l’information, j’en mange. J’achète Le Devoir et La Presse le samedi, je lis Canoe et Cyberpresse et écoute la radio de Radio-Canada le reste de la semaine. J’étais d’accord avec le propos politiquement incorrect de Bouchard à propos de ceux qui ne s’informent qu’à TVA et TQS. Je crois effectivement que ceux qui ne s’abreuvent qu’à ces sources manquent tout un pan de la réalité, surtout avec les débats binaires et malsains que ces deux réseaux se faisaient un plaisir de lancer. Mais c’est pas tous les gens qui ont le temps nécessaire pour demeurer bien informé. Plusieurs ont pris cela comme une insulte, mais c’est vrai que plusieurs parlaient des accommodements raisonnables à travers leur chapeau, sans même rencontrer des immigrants dans leur vie quotidienne et en ne se fiant qu’à quelques manchettes accrocheuses et… certaines déclarations politiques opportunistes.

J’étais aussi un des rares à défendre les commissionnaires, faisant confiance aux intellects des Taylor et Bouchard, tout en sachant que le premier était un chantre du multiculturalisme (ou de l’interculturalisme pour être précis) et que le second revisitait l’histoire du Québec en insistant sur son américanéité. J’ai été soufflé de voir à quel point plusieurs se méfiaient de cet autre complot du Plateau en constatant que les chercheurs associés à la Commission étaient tous des Montréalais. Bouchard est un bleuet et les sociologues spécialistes de l’immigration se trouvent là où il y a de l’immigration, mais bon…

J’ai moi aussi mes craintes sur les éventuelles conclusions du rapport Bouchard-Taylor. Si le rapport dit bien “apprenez plus l’anglais”, je serai résolument contre cette affirmation. Si le rapport ne dit pas que les Québécois sont tolérants, je ne serai pas content. Oui, il y a eu quelques morons plus ignorants que malfaisants. Oui, il y a eu des excès de langage sur les lignes ouvertes. Mais je crois profondément que le peuple Québécois est un des plus tolérant qui soit. C’est sa nature, héritée de la sagesse amérindienne et de la conquête anglaise. Nous sommes un peuple de moutons, bordel! Des porteurs d’eaux qui n’osent même pas parler trop fort.

Je crois que la Commission devrait dénoncer certaines méthodes journalistiques, certaines enflures médiatiques. Et si elle ne parle pas de la méfiance malsaine des régions envers Montréal, elle passera à côté d’un gros morceau de l’explication sur cette “affaire” des accommodements raisonnables. Je ne crois pas qu’elle les fera, mais certains médias de Québec mériteraient quelques remontrances dans cette phobie anti-montréalaise qui devient dévastatrice pour la société québécoise francophone.

Si elle écrit, comme un autre journal le laissait entendre, que ce n’est pas parce que nous avons collectivement rejeté la religion dans les années soixante que ça nous donne le droit d’imposer ce choix aux nouveaux arrivants, elle se trompera. “De quel droit?” aurait demandé un des commissionnaires dans une version préliminaire du rapport. Du droit qu’on peut exiger des autres ce qu’on exige de soi-même, voilà! Évidemment, je ne veux pas dire qu’il faudrait interdire la pratique des religions. Par contre, elle doit demeurer strictement affaire privée. La Commission doit affirmer haut et fort les principes de laïcité. Une institution comme l’Assemblée Nationale devrait donner l’exemple et retirer ce foutu crucifix qui n’est apparu là que sous l’ère duplessiste.

Enfin. On verra. Le but de cette commission était surtout d’enlever le PLQ de Charest du pétrin en faisant sortir le méchant, pas de proposer un nouveau modèle de société. C’est commun en gestion de crise: on laisse les frustrés se défouler, puis… on ne fait rien.


The Cure

16 mai 2008 à 08:05
Catégorie(s): Montréal, Musique

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The Cure
14 mai 2008
Centre Bell

The Cure

C’est sous un coup de tête, à la dernière minute, que j’ai décidé d’aller voir The Cure, seul, sans appareil photo pour partager l’expérience, ni psychotropes pour l’altérer. Depuis que j’ai mon Kodak V570, je m’efforçais de l’amener avec moi à chaque concert, même si c’est habituellement interdit. Des fois, je pouvais filmer tant que je voulais, d’autres fois ça devenait une aventure, un jeu de chat et de souris avec les colosses de la sécurité. Dans tous les cas, ça occasionnait un stress, mais, surtout, tout le temps passé à viser en contemplant l’écran LCD de l’appareil me faisait paradoxalement manquer le spectacle. Trop soucieux de conserver des souvenirs d’un événement, je devenais plus étranger à cet événement! Alors j’ai décidé de ne pas traîner le Kodak en question. J’ai aussi souvent l’habitude me claquer un joint ou deux avant un spectacle, à l’entracte ou, quelques fois, si je suis chanceux, pendant la prestation. C’est de plus en plus difficile pendant un spectacle, surtout depuis qu’on ne peut plus fumer la cigarette. Et au Centre Bell, lors d’un spectacle des White Stripes, j’avais vu un fumeur se faire sortir assez énergiquement merci. Cette fois-ci donc, pas de prise de risques et une intention: savourer attentivement la venue de ce groupe mythique.

C’est en en 1986 que j’ai découvert The Cure, avec l’album The Head On The Door. J’ai énormément écouté la compilation de singles Standing by the Sea, parue cette année-là, mais qui comportait des chansons de presque tous les albums parus entre 1979 et 1985. À Québec, pour la plupart des gens autour de moi, même les plus branchés, c’était nouveau. Puis comme les meilleurs groupes même les plus étranges, The Cure devint immensément populaire, peut-être à partir de leur album double, Kiss Me, Kiss Me, Kiss Me, paru en 1987, que j’ai aussi écouté à répétition. Mais ensuite, par snobisme peut-être, j’ai cessé de suivre le groupe de Robert Smith. Malgré les excellentes critiques à son endroit, je n’ai jamais acheté l’album suivant, Desintegration. Ensuite, je n’ai pratiquement plus prêté attention aux nouveaux essais du groupe. Vingt-deux ans plus tard, au Centre Bell, je m’attendais donc à entendre beaucoup de morceaux que je ne reconnaitrais pas. Mais un critique d’un des journaux culturels de Montréal avait écrit que le concert serait long et que les vieux classiques seraient là, mais au rappel.

J’ai choisi d’aller voir le spectacle après que le Réseau Admission m’aie proposé une place sur le parterre, la EE 19. Étant né le 19 septembre, j’ai exceptionnellement voulu y voir un signe, surtout en constatant sur le plan de la salle que la place était bien centrée face à la scène. J’avais vu les White Stripes puis les Beastie Boys à partir du parterre du Centre Bell, et j’avais alors trouvé le son et la vue tout à fait satisfaisants. Mais lors de ces deux premières expériences, il n’y avait pas de places attitrées, ce qui change sensiblement la donne, comme j’allais le constater.

Armé de mes deux premières bière payées plus de 20 beaux dollars, j’ai pris place entre un couple hispanophone et une dame alors seule, pour entendre les deux derniers morceaux du groupe en première partie. Je ne connaissais pas ce groupe et ne le connaît guère plus maintenant, mais leur prestation m’a confirmé que j’avais un bon siège. Vers 20h40, Robert Smith monta sur scène. J’étais parfaitement aligné avec le micro du chanteur. Tout le parterre se leva. Heureusement, les boys juste devant moi étaient plus petits que moi.

Robert Smith

Les Cure ont commencé leur prestation avec des morceaux que je ne connaissais pas. La voix de Robert Smith était d’abord trop faible, mais dès le troisième morceau, son niveau sonore était corrigé. Cette voix allait résonner toute la soirée, comme à la belle époque, comme si Smith n’avait jamais vieilli, seulement pris du poids. Ce troisième morceau en était un tiré de Pornography, un événement rare selon Nina que j’ai rencontrée quelques minutes plus tard au moment de fumer une cigarette à l’extérieur! Moi qui me pensais un connaisseur de la première période des Cure, je ne l’avais pas reconnue! Un autre morceau de Pornography serait joué en fin de partie principale.

À deux ou trois exceptions près, les Cure ont d’abord aligné les chansons de la période où je les avais ignoré: beaucoup de chansons de Desintegration, aie-je appris par la suite, et quelques nouveautés également, toutes clairement annoncées par Smith. L’atmosphère d’un spectacle des Cure, fondateurs du rock gothique, n’est certainement pas la plus joyeuse qui soit, mais le public semblait apprécier. Moi, ce ne fut que vers 22h00 que j’ai vraiment embarqué. Je ne reconnaissais pas plus la plupart des morceaux, mais le son me plaisait beaucoup, plus rock, plus pesant, plus gothique… Et tranquillement, de plus vieux morceaux commençaient à se faire entendre.

Par contre, en même temps, l’envie de pisser me rendait inconfortable, d’autant plus inconfortable que j’étais placé en plein milieu de la rangée et qu’il me fallait déranger mes voisins pour en sortir. Mais, quand il faut y aller, faut y aller! Outre fumer et jaser avec Nina, j’en ai profité pour me procurer deux autres bières, pour le reste de la soirée et, au retour, j’ai tenté de joindre la foule compacte au pied de la scène. La zone était évidemment réservée à ceux qui détenaient des billets dans les premières rangées - comme mes chums Michel et Pat, les chanceux -, alors je suis retourné à la place qui m’était attitrée. Entre mes voisines qui se dandinaient plus qu’avant ma brève absence, ma liberté de mouvement devenait plutôt restreinte, même pour lever le coude. Je me suis dit qu’à la prochaine envie de pisser, j’irais voir ailleurs si j’y étais.

Ce moment est arrivé pendant le premier rappel. Je suis allé rejoindre les spectateurs dans les rouges, un peu plus haut à gauche de la scène. Le son y demeurait excellent et le point de vue n’était pas pire, au contraire! J’ai pu mieux voir le guitariste du groupe qui, de ma place au centre du parterre ressemblait, à Martin Matte, à cause de son coco rasé, mais qui, de plus près n’en avait pas l’air du tout: gilet à mailles, maquillage et souliers à talons hauts recouverts de paillettes rouges! J’ai alors constaté que ces places sur les côtés de la scène valent mieux qu’une place sur un parterre de chaises cordées. Un agent de sécurité est venu m’avertir de m’assoir, puisque je me tenais debout dans l’entrée d’une section, mais je ne suis pas retourné à ma place. J’ai pu apprécier les rappels à partir d’un endroit plus confortable et animé, assis derrière une fort jolie demoiselle qui s’endormait malgré la fébrilité bien plus palpable au sein de l’amphithéâtre.

Les rappels furent pour moi, et certainement plusieurs, le clou de la soirée. Pas un rappel, pas deux, mais bien trois! J’étais sûr qu’au Centre Bell, tout serait terminé à 23h00 tappant. Mais non! Jusqu’à 23h30, se sont succédées les classiques que toute la foule attendait, que j’attendais. Le second rappel se termina avec “Killing an Arab”! Celle-là, je ne l’attendais pas, surtout qu’aux dernières nouvelles elle était disparue d’une compilation sous la pression de groupes y voyant une charge raciste.

Ces derniers trois-quart d’heures firent mon bonheur, d’autant plus que pendant un bon moment, Smith s’approcha de notre section, comme il l’avait fait au cours de la soirée. Du coup, je vivais le spectacle plus intimement. Et ceux qui connaissent The Cure pourront comprendre pourquoi j’étais dans ma zone confort à la lecture du setlist :

01. Plainsong (1989 - Disintegration)
02. Prayers For Rain (1989 - Disintegration)
03. A Strange Day (1982 - Pornography)
04. alt.end (2004 - The Cure)
05. The Walk (1983 - Japanese Whispers)
06. The End of the World (2004 - The Cure)
07. Lovesong (1989 - Disintegration)
08. Sleep When I’m Dead (nouveau!)
09. Pictures of You (1989 - Disintegration)
10. Lullaby (1989 - Disintegration)
11. The Perfect Boy (nouveau!)
12. From The Edge of the Deep Green Sea (1992 - Wish)
13. Hot Hot Hot!!! (1987 - Kiss Me, Kiss Me, Kiss Me)
14. The Only One (nouveau!)
15. Push (1985 - The Head On The Door)
16. In Between Days (1985 - The Head On The Door)
17. Just Like Heaven (1987 - Kiss Me, Kiss Me, Kiss Me)
18. Primary (1981 - Faith)
19. Shake Dog Shake (1984 - The Top)
20. Never Enough (1990 - Mixed Up)
21. Wrong Number (1997 - Galore)
22. 100 Years (1982 - Pornography)
23. Endsong (?)

Rappel #1

24. Signal To Noise (?)
25. M (1980 - Seventeen Seconds)
26. Play For Today (1980 - Seventeen Seconds)
27. A Forest (1980 - Seventeen Seconds)

Rappel #2

28. Boys Don’t Cry (1980 - Boys Don’t Cry)
29. Jumping Someone Else’s Train (1980 - Boys Don’t Cry)
30. Grinding Halt (1979 - Three Imaginary Boys)
31. 10:15 Saturday Night (1979 - Three Imaginary Boys)
32. Killing An Arab (1980 - Boys Don’t Cry)

Rappel #3

33. Freakshow (nouveau!)
34. Close To Me (1985 - The Head On The Door)
35. Why Can’t I Be You? (1987 - Kiss Me, Kiss Me, Kiss Me)

Constatation à la lecture de ce setlist: les compositions d’avant 1989 sont celles que j’ai le plus appréciées, même si je ne les reconnaissais pas toutes.

Je n’ai pu commencer ce compte-rendu de ma soirée avec The Cure que le surlendemain, car mon corps a passé une journée à se remettre de la bière en fût qu’on nous vend à prix d’or au Centre Bell. Qu’est-ce qui a de pire qu’un lendemain de brosse? Un lendemain de brosse alors qu’on n’était pas saoul!

Leçons de la soirée: préférer les rouges près de la scène si le parterre est divisé en places pré-assignées, éviter de trop boire de cette bière en fût de merde, j’aurais pu amener le Kodak sans me faire écoeurer.


Des mois plus tard…

25 avril 2008 à 11:04
Catégorie(s): Montréal, Politique, Québec

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Plutôt que d’écrire un billet à propos de Mario, de sa chute de popularité, de sa position sur l’immigration, de l’affiche et du sondage récent sur la dite position, je vais me contenter de me citer. J’écrivais, en novembre 2006:

Même si je suis d’accord avec l’essence du propos de Mario, je le suis aussi avec la mise en garde de Boisclair et l’analyse de certains: oui la démarche de Dumont frise la démagogie, et oui c’est du populisme. À leur dernier congrès, les adéquistes, déjà étiquettés à droite, ont décidé de s’assumer et de désormais s’afficher comme tel. Mélangez la haine de plusieurs d’entre eux pour les pékissssses, leurs frustrations face à la Métropole et aux métropolitains et ça risque d’être fort laid sur les tribunes téléphoniques. Moi, qui n’ai jamais regretté d’avoir porté les couleurs de l’ADQ, en étant fier même, je risque d’en avoir honte dans les prochains mois.


En faisant mon marché

19 avril 2008 à 12:04
Catégorie(s): Montréal

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Ce midi, en allant chercher oeufs, fromage, baguette et journaux, j’ai croisé Jean “Leloup” Leclerc, en camisole, fumant le cigare et la guitare en bandoulière.

Voilà! C’est tout. Une petite tranche de vie dans la Petite-Italie.


Mes élections

18 avril 2008 à 08:04
Catégorie(s): Montréal, Politique, Québec

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En démocratie, le vote est secret, mais je ne fais pas de cachettes. Voici donc comment et pour qui j’ai voté depuis que j’en ai le droit:

21 novembre 1988

Louis-Hébert

DUPLESSIS, Suzanne. (élue)

Parti Progressiste-conservateur

25 septembre 1989

Louis-Hébert

BERTRAND, Guy

Parti Québécois

25 octobre 1993

Louis-Hébert

PARÉ, Philippe (élu)

Bloc Québécois

12 septembre 1994

Louis-Hébert

LAMONTAGNE, Gaétane

Action Démocratique du Québec

2 juin 1997

Québec

GAGNON, Christiane (élue)

Bloc Québécois

30 novembre 1998

Jean-Talon

BEAUDIN-LECOURS, Martin

Action Démocratique du Québec

27 novembre 2000

Rosemont-La Petite-Patrie

BIGRAS, Bernard (élu)

Bloc Québécois

14 avril 2003

Gouin

DESCHÊNES, Stéphane

Action Démocratique du Québec

28 juin 2004

Rosemont-La Petite-Patrie

BIGRAS, Bernard (élu)

Bloc Québécois

20 septembre 2004

Gouin

DESCHÊNES, Stéphane

Action Démocratique du Québec

23 janvier 2006

Rosemont-La Petite-Patrie

BIGRAS, Bernard (élu)

Bloc Québécois

26 mars 2007

Gouin

GIRARD, Nicolas (élu)

Parti Québécois


Petite-Patrie blanche

9 mars 2008 à 04:03
Catégorie(s): Montréal

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Beaubien/AlmakekpartSaint-Zotique/Alma


Du bilinguisme

11 février 2008 à 10:02
Catégorie(s): Monde, Montréal, Société

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La langue… On en parle ces jours-ci. On nous montre des chiffres, on nous en cache. Et, évidemment, les chantres du multiculturalisme canadien (et même certains porte-paroles souverainistes!) profitent de l’occasion pour présenter comme des simples d’esprits ceux qui ne sont pas bilingues.

Vous savez quoi? Je crois que le bilinguisme n’existe pas, ou si peu.

J’en connais beaucoup de gens qui se disent parfaitement bilingues qui pourtant interprètent mal des dialogues de film en langue originale ou les paroles d’une chanson en anglais. Sans entrer dans les détails et tenter des exemples qui lanceraient une discussion infiniment longue dans le contexte déjà difficile de la communication électronique, j’affirme que la quasi totalité de ces “bilingues”, qui parlent très bien -et écrivent déjà beaucoup moins bien- dans plus d’une langue, démontrent régulièrement qu’ils passent à côté de subtilités. Moi, un gars de Québec qui n’était pas exposé à l’anglais devenu un gars de Montréal qui refuse de parler en anglais, je peux aussi commander un hamburger en anglais, comme en français! Je peux même tenir une discussion un peu plus soutenue. Mais pour parler des détails subtils de la vie, pour parler politique sans faire dans la caricature grossière par manque de vocabulaire, pour écrire vraiment le fond de ma pensée comme dans ce billet-ci, non. Pourtant je travaille en informatique, un monde anglo-saxon s’il en est un. Je lis aussi des articles scientifiques en anglais, un peu plus ardus que le dernier Harry Potter. Mon oreille ne s’y est pas habituée et mon accent est terrible, mais je comprend assez bien l’anglais, surtout écrit ou prononcé distinctement. Tout ça pour dire que comme je ne me considère pas bilingue, je ne prétends pas non plus être en mesure de juger le niveau de maîtrise des langues de ceux qui se disent bilingues. Du moins, je ne peux juger que quand ils s’expriment en français ou quand ce qu’ils ont entendu en anglais est aussi écrit noir sur blanc ailleurs et contredit leur interprétation.

Jusqu’à récemment, j’ai effectivement pris pour acquis que parler plus d’une langue était nécessairement mieux que de n’en parler qu’une. Cette affirmation est tellement répétée comme une évidence que ça en était une pour moi aussi. Mais à la lueur de discussions récentes avec des amis cinéphiles sur la pertinence des traductions québécoises, à la lueur également des nouvelles récentes sur l’État de langue française au Canada et au Québec, je me suis posé la question: et si le bilinguisme n’existait pas? Je sais, pour avoir cherché un peu, que des linguistes font cette hypothèse. Ce que j’ai lu de plus sensé, c’est qu’il y aurait des niveaux de bilinguisme et peut-être seuls ceux qui ont appris en bas âge peuvent prétendre être parfaitement bilingues. J’y ai lu aussi que, généralement, une personne ne maîtrise pas deux langues en même temps, une période de sa sa vie favorisant une au détriment de l’autre. Mais c’était un article en anglais et peut-être aie-je mal interprété… ;-)

Hormis le fait que je doute (i.e. je ne suis pas sûr, i.e. mon opinion n’est pas encore arrêtée) du fait qu’une personne puisse être vraiment bilingue individuellement, je suis plutôt sûr que le bilinguisme comme politique officielle d’un pays a pour résultat net de renforcer la langue du plus grand nombre au détriment de celle du petit nombre. Beaucoup de chiffres récents sur le bilinguisme canadien confirment mes craintes, et quelques avis de linguistes aussi, dont ce monsieur qui publié tout récemment un glossaire de 13000 anglicismes qu’il a recensés dans le parler québécois, parler qu’il n’hésite pas à qualifier de “franglais”, à ma grande horreur d’ailleurs.

Ce qui m’agace particulièrement, c’est cette supériorité morale qu’affichent et s’octroient ceux qui parlent plus d’une langue. Comme l’aurait fait Parizeau avec sa déclaration sur les “imbéciles qui ne parlent pas anglais”. Facile à dire quand on a fait un doctorat en économie à Londres! Je ne suis pas d’accord avec Marois sur sa position récente sur le bilinguisme et je ne la porte généralement pas dans mon coeur, mais j’étais excédé par toutes ces moqueries sur son compte quand elle a tenu une conférence de presse totalement ratée en anglais. Hormis les immigrants qui par définition doivent apprendre la langue de leur pays d’accueil, qui peut pratiquer plusieurs langues sinon les migrants en général, ceux qui voyagent et ont les moyens de le faire? Quel est le pourcentage de gens sur la planète qui voyagent ainsi? Peut-être ne faut-il pas voyager pour pratiquer, qu’il suffit de lire, prendre des cours de langue et suivre des ateliers de conversation? Mais encore là, qui a ce loisir? En résumé, l’affirmation selon laquelle quelqu’un qui ne parle qu’une langue est nécessairement fermé d’esprit m’apparaît d’un snobisme incroyable et vient le plus souvent de gens qui oublient qu’ils sont privilégiés.

Ce qui m’agace encore plus également, c’est qu’ici, au Canada, il semble aussi évident que le bilinguisme doive inclure l’anglais. Je crois que c’est 90% de l’humanité qui n’est pas anglophone? Pourquoi la langue des affaires devrait être l’anglais alors que les économies en émergence devraient plutôt nous inviter à connaître le mandarin?

Il y a beaucoup trop de choses prises pour acquises dans ces discours convenus et moralisateurs pour ne pas s’en méfier et y voir le résultat de la politique officielle canadienne en matières de langue. Concrètement, le bilinguisme augmente au Canada parce que les francophones le deviennent plus. Point.

Mais admettons que parler plus d’une langue soit nécessairement mieux et admettons qu’apprendre l’anglais soit primordial. Qu’arriverait-il si tous les Québécois parlaient facilement anglais et français? Voulez-vous bien me dire pourquoi quelqu’un se donnerait la peine de parler français dans les boutiques du centre-ville de Montréal? Et pourquoi l’immigrant qui y travaille devrait-il apprendre le français en plus de l’anglais et de sa langue natale? Et pourquoi traduire les films américains et les enseignes des grandes chaînes? Et vous pensez que les anglicismes diminueraient? M’est d’avis que malgré ces beaux principes qui restent quant à moi à démontrer, la réalité concrète des Québécois fait de l’anglais, l’ennemi du français.

Oui, la langue est une barrière entre différentes réalités, c’est pourquoi je suis très attaché à la mienne: ma réalité, non seulement je ne veux pas la perdre, mais je veux la communiquer. Ce n’est aucunement une fermeture sur le monde, ni un repli sur soi. M’est d’avis que de ne parler qu’une langue ne devrait être aucunement honteux. M’est d’avis également que pour briser ces barrières, nous n’avons pas besoin que tout un peuple soit approximativement bilingue, mais que ce peuple se donne des outils puissants pour communiquer avec le monde, notamment en formant des spécialistes en traduction, en subventionnant les traductions d’oeuvres étrangères et en valorisant la traduction en général. Combien de fois aie-je entendu que les versions doublées de films sont pour les idiots? Et je serais tenté d’ajouter à la liste de ces outils la possibilité pour son gouvernement de parler directement avec les autres gouvernements du monde.

Enfin, je terminerai ce billet en dénonçant cette association tellement répandue chez les fédéralistes canadiens entre unilinguisme, nationalisme, fermeture d’esprit et racisme. Personne n’apprendrait l’italien si l’Italie n’existait pas! Personne ne parlerait le français si l’État français n’avait pas forcé la main à ses régions. Je trouve très ironique la contradiction intrinsèque de ces clichés bien-pensants le plus souvent tenus par les fédéralistes. Le langage existait bien avant les État-Nations, sous formes de différents dialectes locaux. Mais ce sont les nationalismes qui ont créé les langues que ces bien-pensants veulent apprendre. En plus, étant donné que la majorité des Québécois d’origine canadienne-française est nationaliste, des affirmations du genre sont elles-mêmes plutôt racistes.

Voilà! Que les fédéralistes et autres bien-pensants se le tiennent pour dit: leur discours moralisateur et culpabilisant ne prend plus.


Les francos à Montréal

24 janvier 2008 à 11:01
Catégorie(s): Montréal, Politique, Société

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Denis Lessard nous apprend ceci:

Depuis près de deux ans, le gouvernement Charest retient une étude dévastatrice qui constatait, avant que ne l’annonce Statistique Canada en décembre dernier, que les citoyens de langue maternelle française sont devenus minoritaires dans l’île de Montréal.

L’anglicisation chez les allophones a fait des progrès inattendus depuis 10 ans, et la toute récente décision d’augmenter à 55 000 par année le nombre des nouveaux arrivants ne fera qu’accélérer le processus, dit cette étude.

Son auteur, le démographe Marc Termote, en a ras le bol et dit observer « une paranoïa évidente » au gouvernement et à l’Office de la langue devant ses conclusions touchant les perspectives à long terme du français au Québec. Des constats qui, politiquement, sont délicats à expliquer.

Sur la base de la langue d’usage à la maison, le spécialiste observe « qu’il y a une baisse du français ». « Tous les facteurs démographiques jouent contre le français » résume-t-il, soulignant qu’il avait, un an avant Statistique Canada, observé que les francophones étaient devenus minoritaires dans l’île de Montréal.

Longtemps associé à l’INRS, puis plus récemment à l’Université de Montréal, au département de démographie, le chercheur d’origine belge a remis en août 2006 à l’Office de la langue française la dernière mise à jour que Québec lui avait demandée d’une étude sur l’évolution démolinguistique du Québec.

Parmi les causes du déclin du français, « la sous-fécondité des francophones ». «À Montréal, les francophones ont une fécondité inférieure aux allophones, inférieure même aux anglophones », observe-t-il. Certains spécialistes, en décembre dernier, avaient atténué la gravité du constat de Statistique Canada en expliquant que les francophones avaient migré de l’île vers la couronne. « Mais même en dehors de l’île, le pourcentage de francophones baisse aussi. C’est aussi le cas dans l’ensemble du Québec », explique M. Termote.

Il avoue avoir été surpris par la baisse rapide du pourcentage de gens qui utilisent le français à la maison dans les régions hors de Montréal. En outre, « le pourcentage de l’utilisation de l’anglais à la maison a augmenté dans l’île et en dehors de l’île. On a sous-estimé la force de l’attraction de l’anglais », soutient M. Termote.

À titre d’illustration, il relève le reportage de La Presse publié hier, montrant qu’après 30 ans d’application de la loi 101, il y avait toujours davantage d’allophones qui, en 2006, optaient pour le cégep anglophone plutôt que francophone.

Un autre facteur contribue à réduire le poids démographique des francophones : l’immigration. Depuis des années, Québec fait entrer 45 000 immigrants par année, un quota qui sera porté à 55 000 avec l’annonce faite l’automne dernier par la ministre Yolande James. « Or, plus vous faites entrer d’immigrants, plus vous faites fléchir le pourcentage des francophones, il faut être réaliste ».

Le gouvernement peut toujours choisir plus d’immigrants qui connaissent le français, ils restent majoritairement des non-francophones. « Cela ne rend pas le français plus attractif. Cela ne dit rien de la capacité des francophones à intégrer ces groupes », constate le démographe. « Avec 55 000 immigrants, le pourcentage de francophones descend beaucoup plus vite, et on atteint plus vite la minorisation sur l’île en ce qui touche la langue d’usage ».

Actuellement, le français est la langue d’usage de 52,6 % des habitants de l’île de Montréal, selon le recensement de 2006. « L’important, selon M. Termote, n’est pas de savoir si on sera minoritaires en 2021, en 2018 ou en 2025. La date exacte est secondaire. Pour moi, l’important est la tendance ; on est certains qu’on va être minorisés. On ne peut pas en sortir tant qu’il y a sous-fécondité, qu’il y a une immigration internationale aussi forte et qu’il y a étalement urbain. On ne peut pas en sortir, il n’y a rien à faire, on peut discutailler tant qu’on veut », laisse-t-il tomber.

Le couvercle sur la boîte

Avec la résurgence récente du débat linguistique, le gouvernement Charest a voulu mettre le couvercle sur cette boîte de Pandore et renoncé à une publication prévue pour vendredi dernier.

« J’ai rencontré la ministre (Christine) St-Pierre il y a deux semaines, mais mon rapport final a été remis en août 2006 à l’Office de la langue. Ils ont attendu que les ministres qui se sont succédé comme responsables de la langue donnent l’accord pour la publication et ce n’est jamais venu », dénonce le démographe.
Quand il pressait les fonctionnaires de publier son étude, « je me faisais dire : nous, on veut bien mais c’est le ministre qui bloque », a-t-il soutenu hier dans un long entretien à La Presse.

À l’époque, Line Beauchamp était responsable du dossier. Christine St-Pierre a pris le relais en avril 2007, « et il y a deux semaines, Mme St-Pierre avait décidé rapidement qu’on publiait vendredi dernier. Une séance d’information était même prévue à l’Institut d’hôtellerie, qui a été annulée à la dernière minute », a confié M. Termote.

Pour lui, Mme St-Pierre, « comme ex-journaliste », était manifestement « de bonne foi », favorable à ce que ce document puisse être rapidement accessible. « On sentait que, pour elle, cacher un document, ce n’était pas bon ». On en aura décidé autrement « en haut », présume-t-il.

Car la présidente de l’Office de la langue, France Boucher (une ancienne employée politique libérale sous le gouvernement Bourassa) a passé un coup de fil à M. Termote pour lui annoncer que la conférence de presse de vendredi dernier était annulée. Cette étude serait tombée la même semaine que l’enquête du Journal de Montréal sur l’embauche d’une unilingue anglophone à Montréal et en même temps que la controverse autour du sondage mené en 2006 par l’Office de la langue sur les services en français dans 2500 commerces du centre-ville de Montréal. Selon M. Termote, « l’accumulation de signaux pareils a rendu les gens du gouvernement nerveux et ils ont décidé d’arrêter les frais ! ».

Une demande d’entrevue de La Presse à Mme St-Pierre est restée lettre morte hier.

La semaine dernière, La Presse avait eu vent de l’imminence de la publication d’une étude « délicate » pour le gouvernement Charest. Gérald Paquette, porte-parole de l’Office de la langue, avait éludé les questions à ce sujet, en soutenant qu’on confondait avec le « bilan » quinquennal de la situation linguistique que l’Office doit publier avant la fin de mars prochain.

L’étude de M. Termote, avec d’autres, sera publiée au même moment. « C’est la première fois que cela se passe comme ça », dit le démographe, y voyant une volonté évidente de balayer sous le tapis des conclusions embarrassantes politiquement. « Ils vont noyer le poisson en la rendant publique avec 46 autres affaires », prédit-il.


Bye-Bye 2007

4 janvier 2008 à 11:01
Catégorie(s): Montréal, Médias, Politique, Québec, Société

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Ces jours-ci, c’est le traditionnel moment où la moitié des spectateurs du Bye-Bye disent l’avoir trouvé mauvais, et l’autre, bon. Je suis de ceux qui l’on trouvé bon. J’ai moins ri que l’année dernière, mais la qualité de la production mérite une excellente note! Les textes se sont révélés souvent trop riches pour être entièrement compris du premier coup, les maquillages étaient fidèles à la longue tradition de RBO, les chansons particulièrement bien produites. En fait, comme RBO le chante en introduction, les humoristes ont profité du faramineux budget de la société d’État. Bien sûr, ceux qui n’écoutent guère la télévision et la radio ne pouvaient savourer pleinement les parodies. N’ayant plus de télévision depuis cet été, l’an prochain, si RBO remet cela, je risque d’encore moins rire, faute de repères.

J’ai particulièrement apprécié que RBO frappe en fonction de ses convictions, fuyant la rectitude politique au risque de se faire encore accuser de “se servir des taxes des contribuables pour imposer leur point de vue du Plateau”. Les morons d’Hérouxville méritaient leur sketch. Ceci dit, les extraits de la Commission Bouchard-Taylor passés à Infoman furent encore plus éloquents. L’ADQ aussi méritait quelques claques, quoique j’aurais apprécié qu’on ne fasse pas encore allusion au nazisme: la démonstration était déjà assez éloquente, malgré la personnification peu convaincante de Mario Dumont par Yves P. Pelletier.

D’ailleurs, mon chapeau bien bas à deux personnes qui ne me sont habituellement pas vraiment sympathiques: Guy A. Lepage et Véronique Cloutier. Je crois que Guy A. a été celui qui m’a fait le plus rire. Son apparition en Gouverneur général dépensière m’a fait rire en… tabarnak. Et à mon grand bonheur, il a ramené in extremis son imitation de Roméo Dallaire, que je respecte beaucoup par ailleurs. Mais il était carrément génial en se moquant de Jean Perron dans le sketch “10%”. Quant à Véronique Cloutier, que j’haiiiiiiiiiiis depuis ses débuts à Musique Plus, je dois la féliciter d’avoir eu le guts de se moquer encore une fois de Péladeau et de sa Julie Snyder, malgré les représailles que son chum a dû subir ces dernières années depuis le sketch sur Séraphin Péladeau. Son imitation était parfaite. De quoi se demander combien de fois elle l’a faite dans sa chambre à coucher…

J’ai bien aimé qu’on plante les nouvelles “TVYA” et Claude Poirier, qui avait bien merdé dans sa couverture de l’affaire Cédrika Provencher. Je n’écoute pas TVA, mais j’avais pu voir les faits d’arme de Poirier en extraits sur le site de Canoë. En plus ce fut l’occasion de se moquer de la moraliste réactionnaire Denise Bombardier et de l’insipide Alexandra Diaz.

En bref, les gars de RBO ont choisi des cibles que j’aurais affectionnées moi-même. Bravo les gars!


Ti-cul-S

19 décembre 2007 à 09:12
Catégorie(s): Montréal, Médias, Québec

1 commentaire »

Ça y est, TQS est menacée de faillite et a 30 jours pour s’entendre avec ses créanciers. Et vous savez quoi? Bon débarras!

On me traitera de snob. Mais non, ce n’est pas parce que je suis montréalais depuis quelques années. Et je ne vis pas sur le Plateau non plus. Je viens de Québec, de la haute-ville de Québec. Si je suis demeuré longtemps dans le cossu quartier Montcalm, j’ai aussi habité dix ans à Sainte-Foy. Près du boulevard Quatre-Bourgeois certes, mais il n’y avait rien de bourgeois dans le quartier que j’habitais! Si j’ai toujours préféré Radio-Canada, c’est parce que son information était la meilleure, point à la ligne. Radio-Canada a du budget et ça ne paraît pas seulement dans son infographie. Les nouvelles à TVA non plus je n’aimais pas. Les “histoires de chiens écrasés”, les faits divers, m’ont toujours laissé indifférent. Les nouvelles internationales, nationales, la politique, l’économie, c’est ce que j’ai toujours considéré comme de la vraie information!

Je me souviens quand TQS a été lancée par Fournier. TQS voulait révolutionner la télévision, n’offrir que de la qualité, bonifier l’offre culturelle de meilleure manière que Radio-Québec. Les premières promotions de la station disaient explicitement qu’il n’y aurait pas de films de fesses, que Rambo ne viendrait pas souiller ses ondes. Son logo multicolore était bien beau aussi. Tout le contraire de ce qu’elle est devenue quoi!

J’ai quand même plus écouté TQS que TVA ces dernières années. J’ai été happé par Loft Story, 110% et les tribunes téléphoniques où règnait la plus pure démagogie. Mongrain, j’ai jamais été capable de le supporter, comme tous ceux qui se sentent en mission du côté du peuple, mais qui sont surtout des égos démesurés. Les nouvelles du genre de TQS m’horripilaient. À un moment donné c’était une vraie joke: presque systématiquement on entendait les reporters de TQS nous inviter à imaginer ce que tel ou tel événement aurait pu causer de grave si les circonstances avaient été différentes de celles qui avaient pourtant prévalu. Un camion s’était vidé de son contenu sur la route? “Imaginez si quelqu’un avait suivi de plus près”. Un chauffard avait heurté un poteau? “Imaginez si un petit enfant avait été en train d’y coller l’avis de recherche de son chat disparu”. On faisait avec le manque de moyen, en laissant beaucoup de place à ce que la caméra n’avait pu capter. Et Mongrain de faire ses montées de lait quotidiennes, en bon défenseur du peuple. J’ai toujours préféré qu’on me présente les faits et qu’on me traite en personne intelligente.

TQS accuse Radio-Canada de tous ses maux, passant douteusement sous silence son vrai compétiteur, TVA. Mais la réalité c’est que TQS a toujours été dans le rouge car elle a tenté de s’imposer dans un marché publicitaire déjà partagé. TQS n’aurait même jamais dû voir le jour. La télévision spécialisée existait déjà. Radio-Canada et son avantage budgétaire aussi. Et le public de TQS écoutait déjà TVA. TQS est arrivée trop tard! Ce n’est pas vrai que ceux qui payaient de la pub à Radio-Canada l’auraient payé à TQS, sauf peut-être les manufacturiers automobile, ce qui n’est pas négligeable j’en conviens. J’imagine que Radio-Canada pouvait aussi payer bien mieux pour des longs métrages, mais encore une fois, c’était la situation telle qu’elle était quand on a tenté l’aventure TQS.

Je n’ai pas de misère à croire que les salles de nouvelles des stations de TQS étaient plus vivantes, plus jeunes, plus dynamiques. Pas de journalistes syndiqués confortablement assis sur leur poste depuis des décennies, comme certains à Radio-Canada. Alors je ne dirais pas que les journalistes de TQS étaient nuls, seulement ils n’avaient pas les moyens de leurs compétiteurs. Et la politique éditoriale était populiste, pour ne pas dire sensationnaliste. Une de mes ex petites amies y travaillait, à Québec. Je suis désolé pour elle si elle perd son gagne-pain. Et pas seulement pour elle d’ailleurs.

Mais décidemment, je ne pleurerai pas la disparition de TQS… À moins que ça rende encore plus imposante la convergente Québécor, ce qui risque fort d’arriver.





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