Heavy Trash au Main Hall

20 mai 2006 à 03:05
Catégorie(s): Concerts, Musique, Vidéo

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Heavy Trash
11 mai 2006
Main Hall

Quelle soirée avons-nous passée ma sœur, nos amis et moi, jeudi le 11 mai dernier, le soir du spectacle de Heavy Trash, le nouveau groupe de Jon Spencer.

Il faisait beau sur la rue St-Laurent. Pas le temps de merde de ces jours-ci. Même que je suis sorti en laissant sciemment mon veston, juste avec une chemise à manches courtes sur un T-Shirt, histoire de na pas avoir trop chaud dans la salle. Nous étions prévenus, par Patrick Baillargeon, dans le ICI de la semaine précédente:

Side project de Jon Spencer et du Montréalais (expatrié à New York depuis des années) Matt Verta-Ray, qu’on a aussi connu au sein du groupe Speedball Baby, Heavy Trash est le véhicule parfait pour permettre à ces deux rockeurs impénitents de laisser libre cours à leur passion pour le rockabilly et le roots rock’n'roll. Inutile de dire que ce band all star, accompagné par les talentueux et polyvalents Sadies, est un no miss incontournable. Ceux qui les ont vus l’été dernier le défunt Swimming avec leurs costards impeccables malgré une chaleur suffocante savent que ces gars-là ne sont pas tuables. Les D. Rangers assureront la première partie. Avons-nous besoin d’en rajouter?

Nous nous sommes cogné, vers 21h15, aux portes fermées du El Salon. Le spectacle devait y commencer vers cette heure-là, mais ne débuta que vers 22h15, dix minutes à pied plus au Nord de St-Laurent, au Main Hall. Là aussi, les portes étaient closes.

Histoire de tuer le temps en buvant un coups tranquille plutôt que d’attendre l’ouverture des portes comme des dindes, nous fîmes un saut dans un très beau et chaleureux café dont j’ai oublié le nom. Une serveuse dépassée par une commande importante de gin tonics, me servit mon rhum dans un pot de moutarde en guise de verre.

Le café

Qui fit son apparition dans ce décor pitoresque? Et oui! Jon Spencer lui-même. Prenant quelques minutes pour scruter le tableau noir et son menu, près du comptoir de la serveuse débordée, il tourna finalement les talons sans rien acheter.

Un sandwich avant le show?

Plusieurs minutes plus tard, quelqu’un finit par suggérer d’aller le rejoindre au Main Hall. Maintenant bien remplie, la salle était chauffée par D. Rangers, groupe country grass root machin, du sud des Etats-Unis, avec violon entraînant et tout le tra-la-la.

Vers 23h00 l’entracte permit à certain d’entre nous d’aller respirer l’air impur, dehors.

23h15, de retour au Main Hall. La salle était maintenant paquetée, Heavy Trash avait commencé son numéro et le party était pogné. Première surprise pour moi, qui n’avait pas entendu leur album: Heavy Trash n’est pas un groupe minimaliste avec deux guitares et une batterie, comme je m’y attendais, mais compte six membres! Trois guitaristes, dont le chanteur, un multi instrumentiste, un batteur et un contre-bassiste. La salle ne disposait pas du meilleur système de son au monde, mais j’ai trouvé que le groupe sonnait très bien, clairement, sans être trop fort. On distinguait bien les guitares, dont au moins une Grestch, la contrebasse et les quelques notes de violon ou d’orgue de certains morceaux.

Le même Baillargeon, dans le ICI de cette semaine-ci:

En terminant, deux mots sur Heavy Trash, qui s’est retrouvé au Main Hall à la dernière minute suite à la fermeture du El Salon (lire le Zapping de la semaine dernière). Il faisait aussi chaud que lors du premier passage de la formation roots-rock l’été dernier au défunt Swimming et il devait y avoir deux fois plus de monde. Impossible de se laisser vraiment aller tellement on était collés les uns sur les autres. Faut comprendre: quand Jon Spencer se retrouve entouré des extraordinaires Sadies (the hardest working band in ze world) et du guitariste Matt Verta-Ray de Speedball Baby, ce serait une connerie monumentale de louper ça. Ça vaut la chaleur insupportable, le son moyen et les pieds qui se font piler dessus toutes les deux minutes.

La prestation d’Heavy Trash aurait duré une heure trente selon certains. Je crois plutôt qu’on a eu droit à près de deux heures. Certains, incommodés par la chaleur et la surpopulation, ont manqué l’excellente finale qui n’aurait peut-être pas pu se produire telle quelle si ceux-ci n’avaient pas laissé un peu plus de place sur le parterre: Jon Spencer dans la foule, l’arranguant à la manière d’un preacher, au rythme des claquements de main. Ma caméra ne pouvait capter quoi que ce soit en mode vidéo, alors je me suis enfin décidé à prendre une photo à l’aide d’un flash. En noir et blanc, et un peu retravaillée, ça donne une photographie dont je suis assez fier:

Finale de Heavy Trash


First And Last And Always

18 mars 2006 à 03:03
Catégorie(s): Concerts, Musique

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Eldritch tel que je ne l'ai pas vu

Bon, dernier billet sur The Sisters of Mercy avant un méchant bout, je suppose. Ça fait maintenant plus d’une semaine que je suis dans le mood de la tournée “Sisters Bite The Silver Bullet”, soulignant le 25e anniversaire de ce groupe mythique, qu’on peut certainement qualifier de précurseur du gothique même si son chanteur, Andrew Eldritch, se défend bien d’avoir jamais été un gothique. En tout cas on peut dire sans se tromper que Sisters était un vrai groupe alternatif dans les années 80. Pour le jeune homme de 17 ans que j’étais quand j’ai commencé à les écouter, c’était LE groupe.

C’est un camarade de classe, le grand François Lacasse, qui m’avait fait découvrir l’album “First And Last And Always” en secondaire 5 et j’avais presque immédiatement aimé. En cette année bénie 1985-86, j’avais déjà découvert une foule de groupes alternatifs, le premier étant The Smiths, d’autres étant The Cure, The Jesus And Mary Chain, Love And Rockets… Mais The Sisters of Mercy avait une aura particulière qui rejoignait l’adolescent aux pensées graves que j’étais alors. J’adorais bien sûr sa musique et la voix grave de son chanteur. Mais j’appréciais également son image de marque, telle que véhiculée par les “12 pouces” que j’achetais chez Vinyle, le magasin de musique des gens branchés de Québec, sur la rue Saint-Jean. Cette image de marque: une pochette au fond noir avec en son centre carré, un dessin plus ou moins abstrait. Pas de photos des membres du groupe. Pas de vedettariat. Et un superbe logo que j’ai même un jour envisagé de me faire tatouer (en image de fond de ce blogue)!

Pochettes de certains de mes vinyles

Au moment où je les découvrais, The Sisters of Mercy débutait un hiatus de deux ans marqué par des problèmes contractuels, la fondation du groupe The Mission par les musiciens de “First And Last And Always” et le projet Sisterhood produit par Eldritch afin de baiser ces mêmes musiciens qui désiraient d’abord utiliser le nom. Pendant ces deux années où The Sisters of Mercy était officiellement mort, mais bien vivant, je suis devenu un vrai accroc du groupe et acheté tous les “12 pouces” que je pouvais trouver, à seize dollars pièce pour trois ou quatre morceaux. Par la bande, j’ai découvert un autre de mes groupes fétiches, The Stooges. Un jour, ma soeur était arrivée chez nous avec l’album éponyme des Stooges en me disant qu’il s’y trouvait la version originale de “1969″, que j’adorais telle que chantée par Eldritch en 1983.

En 1987, tel un phoenix renaissant de ses cendres, Sisters revint en force avec l’album “Floodland”. Le groupe devint graduellement de plus en plus populaire. “Temple of Love” en vint à jouer ailleurs que dans les bars alternatifs les plus sombres. On pouvait même voir de temps en temps à la télé un clip de “This Corrosion”! Eldritch s’entoura d’une nouvelle équipe pour sortir l’album “Vision Thing” en 1990. Cette nouvelle mouture du groupe adoptait un son rock beaucoup plus conventionnel et la production de l’album se révélait plus commerciale également, surtout avec l’ajout de choeurs féminins. Les pochettes de disques montraient Eldritch, signe indubitable de la recherche du succès. À ce moment là, Sisters ne me paraissait plus un groupe d’avant-garde. J’écoutais désormais les Pixies et Jane’s Addiction. Nirvana allait bientôt chambouler la planète rock.

Je ne pensais jamais avoir la chance d’assister un jour à un concert de The Sisters of Mercy, comme pour les Pixies et Bauhaus d’ailleurs. Je pensais tout connaître de Sisters, mais dans le premier tiers du spectacle au Métropolis, à ma grande surprise, je ne reconnaissais pas plusieurs morceaux! Après recherches, deux de ces morceaux inconnus étaient de nouvelles pièces, les autres pouvant se trouver sur d’obscurs bootlegs. La chanson “Crash and Burn” en est une nouvelle et sonnait fort bien à mon humble avis!

Mes recherches m’ont permis également de me faire confirmer que la fumée artificielle n’était pas hors de contrôle à Montréal, mais vraiment voulue ainsi, comme pour toutes les villes de la tournée. Chez les hardcore fans, un spectacle de Sisters ne peut s’envisager sans ces nuages de glace sèche, même que plus il y en a, mieux c’est!

Même si je préfère le minimaliste son original des Sisters à celui plus hard rock de “Vision Thing” et de la présente tournée, j’ai bien aimé, justement, qu’on ose de nouveaux arrangements plus pesant. Eldritch a les couilles de présenter des morceaux inconnus, de résister à la pression en faveur d’un “vrai batteur” et de continuer à plonger un public non averti dans le brouillard selon une démarche artistique à contre-courant de l’habituelle formule du spectacle rock. Avoir su, je me serais approché de la scène, mais en définitive, j’ai eu droit à une prestation sans compromis, du vrai Sisters avec Eldritch et le bon vieux Doctor Avalanche.

Un premier spectacle des Sisters of Mercy pour moi, probablement le dernier également, et qui demeurera gravé dans ma mémoire pour toujours…

First and last and always.


Supergrass

9 février 2006 à 12:02
Catégorie(s): Concerts, Musique

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Supergrass
7 février 2006
Métropolis

Moins rock que la première fois que je les ai vus, au Café Campus avec The Coral en première partie. Comme le dernier album, plus acoustique, plus folk-paisible. Les quatre premiers morceaux du spectacle ont été joués sans batterie, ni basse, avec deux guitares acoustiques et une ou deux voix. Supergrass unplugged. Puis la distortion est embarqué, avec quelques succès plus up-tempo. Puis retour à des chansons planantes de Road to Rouen.

Andrée et Geneviève s’étaient trouvé un bon spot, dans un escalier modulaire qui servait à rien sur un des côtés du parterre. Ça a servi de mini-estrade de quelques quatre places.

Une dame, que je ne connaissais pas, prenait des notes à chaque début de chanson. Elle a répondu affirmativement quand je lui ai demandé s’il elle notait le setlist. Puis je lui ai spontanément demandé si elle ne pourrait pas me l’envoyer par courriel, en lui donnant ma carte. Elle a répondu oui en souriant et en hochant de la tête.

Je n’ai jamais eu de nouvelles… Snif! :(

Mais Chalifoux était là, avec son appareil photo. Il en a pris des shots à partir de notre mini-estrade. Ça devrait être bien beau. Je les veux, je les veux!

Et il me faut mon appareil à moi, pour le show de Sisters of Mercy, le 11 mars! Et je veux celui-ci!


Les Dandy Warhols chantent Noël

5 décembre 2005 à 09:12
Catégorie(s): Concerts, Musique

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The Dandy Warhols
2 décembre 2005
Spectrum

Le premiers tiers de la prestation d’une heure trente était surtout consacrée aux morceaux des albums “Thirteen Tales From Urban Bohemia” et “The Dandy Warhols Come Down” avec une ou deux chansons de “Welcome to the Monkey House”. Mais on devait s’attendre à ce que le spectacle prenne tôt ou tard la même tangente que “Odditorium or Warlords of Mars”, leur dernier album: planant, répétitif et psychédélique. “De la musique de drogué” comme diraient les obtus. Certains aiment, d’autres pas. Plusieurs n’aiment pas.

Peut-être trop lent pour certains, le spectacle était très bon avec un petit joint et si on connaissait le dernier opus des Dandy! Le son était agréable, laissant la place aux moments calmes puis aux effets stéréo de guitares plus puissantes. Je pense en particulier à un morceau avec de la guitare à l’effet flanger accompagné d’éclairages stroboscopiques: ça rentrait! Et contrairement à la dernière prestation des Dandy à Montréal, plus fuzzée, on a même pu entendre de la trompette!

Quiconque a déjà vu un spectacle des Dandy sait aussi que le groupe n’aime pas les rappels. Lors de leur précédente visite, ils ont aussi annoncé à l’avance qu’il n’y aurait pas de rappel. Plutôt que de terminer un chanson en lion puis sortir de la scène en silence, les Dandys laissent les instruments vibrer en ne faisant pas semblant de quitter. Je trouve ça moins hypocrite et très correct qu’ils annoncent leur intention plutôt que de décevoir certains en ignorant dans la surprise générale le rituel du rappel.

Pour finir la soirée en beauté, les Dandy qui venaient de voir leur première neige ont décidé de nous interpréter une chanson de Noël! Little Drummer Boy, avec ses pa-ra-pam-pam-pam, a réveillé ceux qui somnolaient avec un son pesant et une mélodie entrainante à la Weezer.

En définitive: très bon spectacle pour qui savait à quoi s’attendre!


De retour de chez les morts

18 novembre 2005 à 08:11
Catégorie(s): Concerts, Musique

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Une soirée avec Bauhaus
15 novembre 2005
Métropolis

Wow!

Le show a débuté, sans première partie comme on l’anticipait, à 20h30. J’étais parti au chiottes lorsque les premières sonorités ont commencé à se faire entendre, sans que ce soit une mélodie et sans qu’on puisse voir les musiciens. Puis, la première chanson, que je n’ai pas reconnue. Ensuite, une suite ininterrompue de classiques, dont je connaissais les mélodies par coeur et joués de façon très fidèle. Ça sonnait comme une tonne de brique: le drum précis de Hawkins, avec l’hyper-pesante basse martelée par David J, la voix de Peter Murphy mieux mise en valeur à partir du troisième morceau et, surtout pour le fan de Love and Rockets que j’ai été, la guitare minimaliste et multi-effets de Daniel Ash. Celui-ci a aussi joué du sax en plus de chanter une chanson identifiée à tort par certains à Love and Rockets (Slice of Life).

Les tounes étaient parfaites, le son écoeurant, la salle était pleine de gens en noirs, en moyenne dans la trentaine, mais avec des plus jeunes aussi. En plus les éclairages étaient superbes, la plupart du temps subtils, quelques fois puissants. Les reflets de la guitare métallique de Daniel Ash rebondissaient jusqu’au plafond.

Le show s’est arrêté une première fois 1h10 plus tard. Premier rappel: Bela Lugosis’ Dead, la chanson-phare du groupe. Au deuxième rappel, deux reprises essentielles: Telegram Sam (T-Rex) et Ziggy Stardust (Bowie). Ouf! Donc un show d’une heure et demie.

Un de mes meilleurs shows à vie (après les Pixies je dirais).

La liste des chansons serait ceci:

Burning From The Inside
In The Flat Field
God In An Alcove
In Fear Of Fear
Terror Couple Kill Colonel
Swing The Heartache
She’s In Parties
The Passion Of Lovers
Silent Hedges
Kick In The Eye
Hollow Hills
Rosegarden Funeral Of Sores
Stigmata Martyr
Hair Of The Dog
Dark Entries

PREMIER RAPPEL

Bela Lugosi’s Dead

SECOND RAPPEL

Slice Of Life
Telegram Sam
Ziggy Stardust


The Bravery au Spectrum

20 octobre 2005 à 08:10
Catégorie(s): Concerts, Musique

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The Bravery et International Noise Conspiracy
12 octobre 2005
Spectrum

Un autre cadeau cool de ma soeur: un billet de spectacle pour The Bravery. J’ai découvert le groupe grâce à son chum, Jean-Pat, à qui j’ai emprunté l’album éponyme pour le copier dans ma bibliothèque iTunes. J’ai beaucoup aimé leur son pop aux relents de Joy Division et Duran Duran.

Leur prestation a été bonne. La foule était enjouée, bondissante, mais faut croire que je suis le seul de ma gang à avoir aimé! Ceux qui les avaient déjà vus en spectacle je-ne-sais-trop-quand ont trouvé la prestation de Bravery moins intense, ma soeur s’est faite déranger par un amie qui lui placotait ça, Jean-Pat n’aimait pas le chanteur, JP critiquait son maquillage… ;)

Effectivement, ce n’était pas le spectacle du siècle: le groupe n’amenant pas sa musique sur scène à un niveau plus intense que celui de l’album, comme ça se fait souvent avec les bons groupes rock. On ne peut pas retrouver la puissance des Pixies, de Queens of the Stone Age ou des White Stripes à chaque spectacle qu’on voit! Le chanteur n’était peut-être pas charismatique, mais sa voix était claire. Habillé en complet, il me faisait un peu penser à Morrissey.

International Noise Conspiracy ont été très bons aussi. Je pensais qu’ils étaient plus électro-clash. Ils jouent plutôt du “rock alternatif” relativement conventionnel. Mais ils le font avec vigueur, et avec style, chacun des membres habillé d’un petit kit noir et rouge à la sauce années 80, légèrement Michael Jackson dans Thriller.


Un bracelet jaune pour voir rouge

27 septembre 2005 à 08:09
Catégorie(s): Concerts, Musique

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The White Stripes
17 septembre 2005
Centre Bell

Le 17 septembre dernier, c’était l’occasion de célébrer non seulement mon anniversaire, mais ceux de mes amis Paul et Michel, à qui j’avais acheté, pour leur fête cet été, des billets pour le spectacle des White Stripes au Centre Bell. Ma sœur Andrée qui avait déjà eu la chance de voir Jack et Meg White au Métropolis, nous accompagnait.

Mes chums sont arrivés de Québec chez moi une heure avant le début du spectacle, prévu pour 20h00. J’ai l’habitude de ne pas me presser pour les premières parties quand je ne les connais pas. Normalement, au Métropolis, à La Tulipe ou au Spectrum, arriver à 21h30 aurait été arriver en avance pour le spectacle principal, en plein entracte. Alors on a pris le temps de bouffer une pizza, de fumer et rouler pour plus tard quelques joints.

À 21h20, heure qui nous semblait raisonnable, nous mettions les pieds dans l’entrée du Centre Bell, accueillis par deux doormen. Parmi eux, un vieux de la vieille, genre Forum époque Maurice Richard, ayant hérité de la tâche de passer un bracelet jaune fluo aux poignets des détenteurs de billets de parterre, comme nous. J’imagine que ce n’était pas lui en charge à la rentrée du gros de la foule, car le pauvre vieux avait de la misère en tabarnak! Fallait qu’il décolle un bout de papier protecteur, au bout d’une bande colorée, pour libérer l’extrémité collante et ainsi pouvoir former un bracelet. On a dû perdre cinq minutes juste à faire de la décalcomanie dans l’entrée. :colere:

Pendant ce temps, la chanson des White Stripes préférée par ma sœur jouait: The Big Three Killed My Baby. Une fois tout le monde avec son bracelet, nous avons pris le premier accès aux estrades que nous avons pu, et descendu les marches pour nous heurter à un mur ceinturant le parterre. En remontant vers une autre porte nous permettant d’accéder au parterre, on a voulu prendre notre bière avant que le stand ne ferme! Cinq interminables minutes plus tard, sept bières dans nos mains et $55 de moins dans nos poches, nous avons enfin pu rejoindre la foule.

Jack tout de noir vêtu, était en plein solo de slide guitar. Je crois qu’il interprétait alors There’s No Home For You Here, mais je ne gagerais pas là-dessus. D’ailleurs je cherche en vain le setlist du spectacle depuis. Je peux affirmer sans me tromper que Meg a délaissé sa batterie le temps d’une chanson et entonné In the Cold Cold Night, frôlée dans le dos par un Jack White rendant encore plus suggestif son petit riff racoleur. Autre chanson que je peux nommer avec certitude parce qu’elle demeure différente de l’ensemble du répertoire des White Stripes: The Nurse, jouée avec un xylophone par Jack. La guitare qu’on y entendait en était une laissée appuyée sur un amplificateur et vibrant quand Meg bûchait sur un de ses toms ou sur son bass drum. Contrairement à la version du disque, qui donnait une répétition de guitare “dam-dam-dam-dam-dam-dam-dam-dam”, cela donnait un long “daaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaam” distortionné, mais ça restait cool!

Selon ce que le portier nous a dit, on a manqué un bon vingt minutes. Nous aurions donc vu entre une heure et 1h10 du spectacle de 1h30. De mémoire, ils ont également joué devant nous, dans le désordre:

Suzy Lee (The White Stripes)
I Fought Piranhas (The White Stripes)
You’re Pretty Good Looking (De Stijl)
I Want To Be The Boy (Elephant)
Black Math (Elephant)
Ball And Biscuit (Elephant)
Seven Nation Army (Elephant)
Little Ghost (Get Behind Me Satan)
My Doorbell (Get Behind Me Satan)
Red Rain
(ma préférée de Get Behind Me Satan)

Les estrades du Centre Bell étaient peut-être pleines au trois-quarts. Et le parterre n’était pas plein, ce qui nous laissa de l’espace pour respirer, bien entendre et bien voir. Nos points de vue, près de la console de son, valaient tout à fait le prix des billets et l’attente occasionnée par l’épisode des bracelets jaunes. La scène en noir, rouge et blanc, avec un dessin d’arbre et de lune, ne semblait pas trop grande pour Meg et Jack. Elle, à gauche, les grosses cymbales masquant en partie le rebondissement de ses seins, lui changeant de micro et s’installant au besoin derrière le piano ou le xylophone. J’ai été agréablement surpris par la qualité du son! Des fois j’entendais moins bien la voix de Jack, mais sa guitare on ne la manquait pas! Ni le rythme de Meg d’ailleurs. Même s’il n’y avait pas de basse, ça a fait dire avec raison à Paul que la basse sortait bien. L’ensemble bûchait, mais pas trop fort. et même les techniciens étaient class habillés en complet noir, chemise rouge et chapeau melon.

Nous avons assisté à deux entractes (ou deux rappels?). C’est dans le dernier vingt minutes que la foule des estrades s’est enfin levée. Ça s’est terminé par une toune dans laquelle la foule chantait un refrain ressemblant à “Jack Wanna Go Home” puis les salutations du couple, courbette façon théâtre.

Autre truc platte du Centre Bell: absolument interdit de fumer. Si quelqu’un osait s’allumer même une cigarette, il risquait de se faire sortir, comme Andrée et moi avons pu l’observer. Alors nous n’avons pu fumer de joints. Nous sommes arrivés en retard, mais tant mieux si on a pris le temps d’en fumer un juste avant d’entrer, finalement!

En fait, le petit pincement que me fait l’idée d’avoir manqué les premières chansons est tout à fait adouci par le fait que nous avons eu du plaisir avant, pendant et après le show. Une bien cool soirée…

Pas de billet en souvenir par contre: le vieux christ nous les a piqués. :)


Les PIXIES au CEPSUM

29 novembre 2004 à 08:11
Catégorie(s): Concerts, Musique

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Datsun et Pixies
27 novembre 2004
CEPSUM

Ce samedi 27 novembre 2004, au Centre d’éducation physique de l’Université de Montréal (CEPSUM), pour la deuxième fois en deux jours, les Pixies offraient aux jeunes et moins jeunes Montréalais la chance de les voir enfin réunis, après des années de séparation. Frank Black et Kim Deal ont été longtemps en froid et chacun ont heureusement enchaîné les projets musicaux intéressants. Les premiers albums solo de Frank Black étaient excellents, les premiers albums des Breeders également, mais aucun n’accotait la puissance et la créativité des albums des Pixies.

Alors dès l’annonce du spectacle, des mois à l’avance, je me suis procuré des billets. Quatre en fait. Un pour moi, un pour ma sœur, un pour son chum Jean-Pat et un(e) autre pour un éventuel intéressé(e). L’heureux élu fut mon plus coriace adversaire à Axis and Allies, j’ai nommé Marc Charbonneau. Marc revenait de Corée, la veille, si je ne m’abuse. Je me suis dit que cela lui ferait un beau cadeau de bienvenue en Amérique. Tant qu’à le laisser souffrir du décalage horaire, autant lui administrer un traitement-choc de rock alternatif pour l’étourdir davantage. Sur place également, Jeremy et Geneviève, les inséparables fraîchement séparés.

Je n’étais jamais allé au CEPSUM, mais j’en avais entendu parler en mal: sa sonorité était pourrie. Quand nous y sommes arrivés, j’ai compris pourquoi: c’est un gymnase avec estrades en béton d’un seul côté du terrain. Par-dessus le marché, en plus de vendre de la Bud, on y interdisait de fumer!

En première partie, les puissants Datsun, que je connaissais peu. Dans cet amphithéâtre leur son devenait totalement distortionné, incompréhensible, fusionné en un bloc monolithique qui ne faisait que faire ciller nos oreilles. J’appréhendais le pire pour les Pixies. Je suis allé en reconnaissance dans les estrades, évaluer si le son y était meilleur que collé sur les immenses haut-parleurs sur le parterre. Ça semblait effectivement plus audible.

Mais quand Frank Black, Kim Deal, Joey Santiago et David Lovering ont entâmé Is She Weird mes craintes furent balayées: le son était clair même très près de la scène, où nous étions regroupés. On distinguait la basse des guitares, le drum de ses cymbales. J’étais non seulement rassuré, mais heureusement surpris par la qualité du son. Troisième chanson: Head On reprise d’un de mes groupes préférés: The Jesus and Mary Chain. Je lévitais déjà.

Pour conserver le high, j’ai commencé à fumer un de mes joints. Je ne les avais pas déclarés aux portiers, contrairement à Jean-Pat qui les avait généreusement laissés à l’entrée. ;)J’ai partagé évidemment les premiers, mais dû au refus de mes comparses qui finirent par en avoir assez, j’ai dû me sacrifier pour fumer les derniers tout seuls. ;)

Et l’intense high atteint en moins de cinq minutes est demeuré tout le long du spectacle d’une durée d’une heure et demie. La voix de Frank Black était démente. Le mec sait alterner “cris de la mort” et mélodies douces. Avec la merveilleuse voix de Kim et sa pesante basse en contrepoint, le jeu de guitare de Santiago et le martèlement incessant de Lovering, bon dieu que ça rentrait! Des shows, j’en ai vu quelques-uns et je ne suis pas du genre à aller voir des spectacles pour fillettes! Celui-là m’a jetté à terre. Le meilleur show de ma vie? En tout cas un sérieux candidat au titre!

Un simple coup d’œil au setlist suffit à démontrer que nous avons entendu classiques sur classiques:

Is She Weird
Cactus
Head On
U-Mass
Planet Of Sound
Monkey Gone To Heaven
Caribou
Number 13 Baby
Broken Face
Crackity Jones
Isla De Encanta
Something Against You
Hey
Mr Grieves
Velouria
Dead
Gouge Away
Tame
Gigantic
River Euphrates
Debaser
Wave Of Mutilation
In Heaven
Wave Of Mutilation (UK surf)
Where Is My Mind
Nimrod’s Song
The Holiday Song
Vamos
Here Comes Your Man

Un chose m’a frappé ce soir-là: la parenté de Nirvana avec les Pixies. J’avais souvent lu que Kurt Cobain avait été influencé par les Pixies, mais ça demeurait pour moi théorique. Au CEPSUM, quand après une mélodie douce, Frank Black se mettait à crier comme un perdu en même temps que les guitares rugissaient leur distortion, j’ai souvent eu l’impression d’entendre Nirvana.


Jesus Loves her Rock’n'Roll

3 octobre 2004 à 12:10
Catégorie(s): Concerts, Musique

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Wanda Jackson
2 octobre 2004
Au sous-sol de l’église Immaculée-Conception

Cela vous est-il arrivé de recevoir une invitation à l’église comme cadeau d’anniversaire? C’est pourtant ce qui m’est arrivé cette année! Et, non, ce n’était pas une demande en mariage ni l’annonce d’un décès. En fait ma sœur m’a donné, pour mon 35e, un billet pour le Rockabilly Jam #19, avec en tête d’affiche la légendaire Wanda Jackson.

Wanda Jackson, c’est au moment de vous écrire ceci, une madame de soixante-quatre ans. Avant de verser dans le country puis le gospel, Madame a été une des premières à chanter le rock’n’roll, dans les années cinquante. Elle a eu son premier succès radiophonique alors qu’elle était encore ado et a même tourné avec Johnny Cash et Elvis! Méchantes fréquentations! Dans la seconde moitié des années cinquante, elle était une déesse du rock’n’roll et nous a donné quelques bijoux, dont Mean, mean, man.

Dès que ma sœur, Jean-Pat, Jérémy, Geneviève et moi sommes arrivés dans ce sous-sol d’église, j’ai su que la soirée serait spéciale: des mononcles et des matantes, des grand-mères et des grands-pères, quelques enfants même, étaient regroupés en immenses tablées. Bien assis, ils attendaient sagement le début du spectacle en observant les “jeunesses” arriver.

Heureusement, il y avait de la bière: on ne serait pas obligé de caler le vin de messe! Mais il n’y avait pas une petite nuée de serveuses dans la salle! Seulement trois ou quatre braves, derrière un seul comptoir. Ils débouchaient les bières pour les verser dans des verres de plastique. Ils ont dû se ruiner la peau des mains, les pauvres! Fallait se relayer pour prendre des commandes pour cinq ou six amis car l’attente, à un moment donné, était de plus d’une demi-heure. Me semble même que Pol, le chum de Catherine, avait calculé quarante-cinq minutes!

J’ai eu la chance de boire trois bières sans faire la file. Mais j’ai dû la faire à mon tour. Seulement, je l’ai fait au bon moment, sans l’avoir prémédité: en deuxième partie du spectacle, alors que The Lustre Kings nous faisaient du rock’n’roll honnête, très correct. Trop correct. Le claviériste et chanteur, avant qu’il monte sur scène, je l’ai croisé sur le plancher de danse. Avec son polo rouge et la ceinture bien haute, il m’est apparu particulièrement “mononcle”. Sauf que quand il s’est mit à s’éclater sur scène, il est devenu déjà pas mal plus cool, bien sûr. Mais la musique de son groupe de musiciens new-yorkais très respectables demeurait genre rythm’n’blues propre, très FM.

Tout le contraire de la première partie, assumée à la batterie, à la guitare et à la voix par Bloodshot Bill. Il est montréalais paraît-il. Lui, il était carrément psychobilly. Les cheveux bien huileux, Bill maniait les riffs sales tout en chantant d’une façon très expressive, genre caricature d’Elvis à la Lux Interior, des Cramps, mais en plus rugueux. Wow! Super! J’aurais acheté l’album si j’avais trouvé la bonne table où l’acheter! Ce n’est que partie remise.

Alors j’ai pu consolider les effets de la fumette en buvant pendant l’excellente première partie. Puis, faire mon devoir pour la collectivité, en faisant l’ostie de file pour la bière pendant le bout plus platte. Et, enfin, ressortir avec Jean-Pat et Pol fumer deux joints simultanément devant des superbes chars des années cinquante, énormes, pleins de courbes, de pointus et de chrome. Celui devant nous était même équipé d’un système hydraulique pour lui faire coller le sol.

Quand Wanda s’est pointée, elle m’a séduit pas mal tout de suite. Je ne la voyais que partiellement, car elle est menue. Heureusement, ses cheveux sont là pour indiquer qu’il y a un femme dessous! Une dame à la fois kitch et digne, très heureuse d’être là. Elle s’est fait “habiller” de sa guitare par un des musiciens. Les musiciens qui l’accompagnaient, c’était encore The Lustre Kings, le mononcle au polo rouge devenant décidemment encore plus cool.

Elle nous a parlé du fait qu’elle a “fréquenté” Elvis. C’est sûr que la dame n’aurait pas dit dans un sous-sol d’église, qu’Elvis la prenait par en arrière! En tout cas, pour elle, il s’est passé quelque chose avec Elvis. Sexuellement? Je ne sais pas. J’ose croire que oui, pour les deux… mais on s’en fout! C’est surtout qu’Elvis l’a encouragée à chanter le rock’n’roll. Elle en parla avec émotion, sans trop s’attarder.

Elle nous balança ses succès de l’époque. En les étirant un peu. Faut bien, avec des tounes originales d’une durée de deux minutes! Ce qui fit dire à certains qu’elle et ses potes avaient un peu abusé des fausses fins. Mais ils s’amusaient aussi!

En 1971, la Madame a rencontré Jésus, nous a-t-elle jasé cela un peu. Je ne sais pas ce qui s’est passé cette année-là dans le monde empirique, mais cela expliquerait pourquoi elle donne ses spectacles dans les sous-sols d’églises.

Encore séduisante, la madame? Pas mal fascinante, en tout cas.

Et de l’excellent rock’n’roll!

Me semble avoir entendu It’s Just That Song au cours de la soirée. Me rappelle pu par qui… C’est une excellente chanson que j’avais seulement entendu jouée par les Cramps.





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