Attaque contre Elgrably
Hier, en voulant m’informer sur la controverse McCartney, je me suis procuré le Journal de Montréal. Je suis tombé sur l’édifiante chronique de l’économiste Nathalie Elgrably, le cliché ambulant de l’économiste formé en série à partir d’un moule fait à Chicago. Elle aussi est allé voir Wall-E et en est ressortie offusquée au point de pondre son “Attaque contre l’humanité“.
Le coeur de sa diatribe:
Wall-E aurait pu être une belle et touchante histoire d’amour entre robots (à condition d’aimer les films quasi muets). Mais c’est bien plus que ça : Wall-E, c’est 95 minutes de propagande contre la civilisation moderne ! C’est une attaque contre la technologie, une charge contre notre mode de vie et une insulte à l’espèce humaine.
Le film suppose que l’être humain est capable de saccager la terre sans scrupules jusqu’au point de non-retour. Or, il suffit de comparer la salubrité des villes contemporaines à celles du XVIe siècle et de songer aux efforts constamment déployés pour améliorer notre environnement pour comprendre que cette prémisse est injustifiée et injustifiable.
De plus, le film présente l’Homme comme un être courtois, mais que la technologie a rendu paresseux, sans ambition et carrément léthargique. D’une obésité morbide, il passe ses journées allongé à regarder la télé et à consommer des boissons hypercaloriques. C’est peut-être le cas de certains, mais cette image n’est certainement pas représentative de la majorité qui travaille dur, prend soin de sa santé, s’intéresse à la culture, se soucie de son prochain, etc.
DES CHOIX ABSURDES
Mais Wall-E ne se contente pas de caricaturer certains comportements. Il glorifie des choix absurdes. Il présente des humains qui disposent d’une technologie capable d’assurer leur sécurité alimentaire pendant 700 ans mais qui choisissent d’y renoncer pour s’adonner à l’agriculture traditionnelle. Ils pourraient tirer parti de la technologie et consacrer leur précieux temps à reconstruire la planète, à chercher des remèdes aux maladies incurables, à améliorer leurs robots, à créer des oeuvres d’art, à s’occuper des nécessiteux ou à produire des films d’imagerie 3D. Mais non, ils choisissent de cultiver leurs légumes !
Le film idéalise des procédés agricoles moyenâgeux qui sont éreintants en plus de nous rendre tributaires des caprices de Dame Nature. Est-ce cela, l’évolution ?
Wall-E renferme une dimension politique flagrante. Alors, pourquoi la critique est-elle aussi élogieuse pour un film qui vise à endoctriner des enfants naïfs et crédules ? Aurait-elle été aussi complaisante si le film faisait l’apologie de la société moderne ?
Elgraby parle de l’évolution de la salubrité des villes pour nier que l’être humain soit capable de saccager la terre sans scrupules. Même si les villes sont plus propres, ça ne veut rien dire!? Premièrement, les déchets sont transportés plus loin. Deuxièmement, les bidonvilles stagnant dans l’eau polluée de grandes multinationales existent. Troisièmement, le film montre que les gens préfèrent les environnements très propres quitte à vivre dans un vaisseau spatial avec un faux ciel, mais que ça ne les empêche pas de polluer à grand rythme si les déchets ne tombent pas dans leur cour.
Faire réfléchir un jeune sur ce que peuvent donner une grande consommation de boissons sucrées et de jeux vidéo au détriment de l’activité physique naturelle, c’est mal? Bien sûr, tous ne sont pas des paresseux souffrant d’obésité morbide, mais on pourrait facilement affirmer que l’obésité frappe les pays riches, certains parlent même d’épidémie! J’imagine que c’est cette équation entre économie riche et obésité qui agace la coquette Elgrably, qu’on devine soucieuse de sa ligne.
Les choix absurdes. Ah, ah! Familiprix! On arrive au coeur du sujet, dans les prémisses fondamentales de la théorie économique selon laquelle l’être humain fait des choix rationnels. Les preuves sont pourtant nombreuses que même si l’être humain est rationnel, il ne fait pas que des choix rationnels. Sans compter que même en faisant des choix rationnels, il peut ignorer des éléments de l’équation et faire un mauvais choix. Et sans compter qu’additionné à des millions d’autres choix rationnels, ce choix et sa conséquence ne sont pas prévisibles ou même explicables rationnellement. Voir la théorie du chaos.
Wall-E suppose que nous préférions redécouvrir la Terre plutôt que de rester assis à siroter une boisson énergisante et peser sur des boutons au gré de modes dictées par un ordinateur. Elgrably, elle, ne ferait pas cela s’il elle avait été à la place du capitaine. Elle chercherait à traiter les maladies incurables, ce qui semble bien parti dans le monde de Wall-E; à améliorer les robots, alors qu’ils font déjà tout au point de prendre des initiatives; à s’occuper des nécessiteux, qui sont absents… Dans sa rationalité d’économiste, il ne lui vient jamais à l’esprit, même si c’est plus que suggéré dans le film, que le retour à l’agriculture règle du même coup des problèmes de sédentarité et de consommation de carburant tout en redonnant de la valeur à des terrains délaissés. Franchement, je ne voudrais pas d’Elgrably comme leader d’une communauté en exil!
P.S.: Renart a écrit un bon billet sur le même sujet il y a quelques temps. Renart y écrivait que la droite américaine était offusquée que Walt Disney fasse autre chose qu’un comte de fées tout en teintes de rose. Il semble qu’Elgrably se soit sentie obligée de serrer les rangs et dénoncer ce qui ne demeure qu’un film d’animation pour enfants un peu moins nunuche-la-praline que la normale! Heureusement pour nous tous, l’argumentation d’Elgrably est le plus souvent facilement réfutable car tellement clichée! Méfiez-vous de vous piquer le doigt sur le fuseau maléfique d’Elgrably! Son charme est redoutable, mais…
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18 juillet 2008 à 22:13
Ce n’est qu’un film d’enfants! Sûr qu’on peut toujours y voir un message politique, tout est politique.
Étonnante comme cette femme arrive à vendre sa propagande de droite dans n’importe quel propos!
On dirait qu’elle est un robot, en tout cas, la lobotomie des HEC a très bien marché dans son cas.
20 juillet 2008 à 2:37
Elgrably. Comment peux-t-on prendre au sérieux cette démagogue de droite?
Ses opinions offusquent, mais ses chroniques sont tout de même diffusées dans le Journal de Montréal avec l’appui de l’ancien communiste révolutionnaire Pierre-Karl Péladeau qui a retourné sa veste après avoir touché au pouvoir.
J’ai personnellement adoré ce film et je trouve que le message envers la jeunesse est louable. Il se résume ainsi: faites attention à votre monde, à votre planète, sinon elle deviendra invivable.
Une conscientisation saine qui ne devrait pas pourtant horripiler les consciences, sauf pour les gens comme Nathalie Elgraby qui croient que le monde tourne dans le bon sens (dans le bon sens pour l’élite économique bien sur)…