Bonne Saint-Jean!

Suite au billet tristounet de Renart sur le site Branchez-vous et à l’interrogation d’un lecteur sur le blogue du Dernier Québécois quant à un certain mythe montréalais, j’ai fouillé dans mes souvenirs pendant qu’il pleuvait.

En cette journée de la Fête nationale, alors que les sondages montrent que la région de Québec déçue de l’ADQ préfère élire les Libéraux plutôt que les souverainistes du PQ, alors que d’autres sondages montrent le pessimisme des Québécois quant à une éventuelle accession du Québec à sa souveraineté, alors que Harper vient fêter la Saint-Jean au Québec et que même les fervents patriotes se font défaitistes, je veux rappeler à ceux qui la souhaitent, cette souveraineté, ainsi qu’à ceux qui n’en veulent pas, que l’idée de souveraineté n’est pas morte. Elle n’est pas forte, mais elle est loin d’être morte. En fait, on pourrait même dire que l’option souverainiste est actuellement à son niveau plancher mais que, si elle est le moindrement appuyée de la bonne manière, elle ne peut que remonter.

La tâche est ardue, beaucoup trop de gens se laissant influencer par certains chiffres des médias et par les grandes gueules de la radio ou de la télé, qui ont le champ libre depuis trop longtemps. Je demeure convaincu qu’André Arthur et son successeur Fillion ont fait plus de dommages dans la région de Québec qu’Alain Dubuc et tous ses malices, ceux-ci étant sommes toutes réservée à ceux qui lisent les éditoriaux, une espèce en voie de disparition si on se fie à d’autres chiffres déprimants sur la consommation d’information des Québécois.

Les chiffres récents, à première vue, font peur aussi. Pourtant, on remarquera qu’on sonde ces jours-ci la croyance que la souveraineté se fera, pas le souhait de la faire. Ces jours-ci, beaucoup de ceux qui aimeraient que le Québec devienne souverain ne croient plus que cela arrivera. Or, à 42% de Québecois qui se disent toujours prêts à voter OUI, on peut encore dire que la majorité des Québécois d’origine canadienne-française est en faveur de la souveraineté. Il faut trouver le moyen de rejoindre ceux chez les francophones qui ont développé une allergie au discours souverainiste et qui tentent de (se) convaincre que ce débat nous a fait perdre du temps et qu’il est temps de passer à autre chose. C’est plutôt le contraire: il est encore temps de la faire, la souveraineté et ce sont ces francophones qui ont voté NON et ces politiciens qui nous ont laissé croire qu’une autre voie était possible qui nous ont fait perdre de notre précieux temps. Nous pouvons encore la faire, la souveraineté, pendant que les babyboomers sont encore de ce monde, alors qu’on peut toujours compter sur un appui majoritaire chez les jeunes, pendant que l’immigration n’a pas encore rendu mathématiquement impossible l’atteinte de ce but. Tous ceux qui craignent pour leur culture au point de croire qu’on doit légiférer contre la lapidation (!) mais qui font encore la sourde oreille aux souverainistes devraient se rendre compte qu’ils sont eux-même la cause des problèmes. Le Québec devenu un pays officiellement francophone, le message serait clair pour les immigrants et la survie de notre culture déjà beaucoup mieux assurée!

Bonne Saint-Jean! Le soleil se pointe, alors je vais prendre mon bain de foule et quelques photos!


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8 commentaires sur “Bonne Saint-Jean!”

  1. Martin

    Et André Pratte de nous souhaiter Bonne Saint-Jean à sa manière. Toujours aussi agréable celui-là.

    C’est aujourd’hui la fête de tous les Québécois. Nous avons beaucoup de choses à célébrer, à commencer bien sûr par la survie et le développement du fait français en Amérique. Il me semble que nous pouvons aussi être particulièrement fiers de notre sens démocratique, comme l’a démontré au cours de la dernière année le débat vigoureux mais respectueux au sujet des accommodements raisonnables. Peu d’endroits dans le monde auraient pu tenir un débat aussi serein sur un sujet aussi délicat.

    Les organisateurs l’ont répété encore cette année, la Fête nationale est la fête de TOUS les Québécois. Dommage que certains participants ne comprennent pas le message. Chaque année, quelques-uns, des artistes notamment, profitent de la tribune qui leur est offerte pour livrer un plaidoyer en faveur de l’indépendance du Québec. Ils le font par conviction profonde. Cependant ce faisant, ils indisposent beaucoup de Québécois, tout aussi fiers qu’eux du peuple auxquels ils appartiennent mais qui ne partagent pas la même vision de son avenir. Ces derniers se sentent tout à coup mal à leur aise, comme si on les avait invités à une fête qui, finalement, n’était pas tout à fait la leur.

    Il y a 363 autres jours pour faire la promotion de nos idées (le 1er juillet devrait aussi être exempt de politique, ce qu’il n’est pas toujours…). Pourquoi gâcher la fête de tant de gens? Croit-on vraiment convaincre quelqu’un un 24 juin?

    Évidemment, comme l’a si bien écrit un commentateur:

    Demander explicitement de ne pas parler politique un 24 juin est un geste éminemment politique…

  2. koval

    J’ai toujours voté PQ, sauf aux dernières élections où j’ai voté Québec Solidaire. J’ai voté oui en 95, en 80 j’étais trop jeune.

    Or Mme Marois fait caler l’option. J’ai horreur de cette femme. Je la trouve incohérente, son discours alarmiste sur le français ne me rejoins pas. Le PQ se tire dans le pied, je commence à trouver leurs idées aussi niaiseuses que celles de l’ADQ. Je parie qu’on va assister à une débarque historique aux prochaines élections.

    Vous parlez des immigrants qui peuvent empêcher l’accession à la souveraineté, c’est bien certain, surtout avec le “nous” de Pauline. Belle nous noune, j’en suis allergique.

    Il y a un nationalisme intelligent et sain, et un nationalisme malsain. La promotion actuelle du nationalisme est une tentative de rejoindre les peureux et les frileux de l’ADQ. Il est loin d’être basé sur la fièrté Québécoise et le progressisme comme avant. Ça ne me rejoins plus. Je vais voter encore pour Québec Solidaire aux prochaines.

    Désolée!

  3. Martin

    Je n’aime pas beaucoup Madame Marois non plus, mais elle m’est plus sympathique quand je vois tous ces crétins la traîter de châtelaine, ce qu’ils ne faisaient pas avec des hommes comme le multimillionnaire Paul Martin. À vrai dire, je me souviens pas de ce qu’elle a dit sur le fait français sinon qu’elle voulait que tous les Québécois deviennent bilingues, ce avec quoi je suis absolument en désaccord. Mais j’aurais cru que vous, koval, connaissant la qualité de français de vos étudiants universitaires et étant d’accord avec moi sur l’augmentation du recours au plus bas dénominateur commun, que vous seriez inquiète de la situation et de la pérénité du français au Québec.

    Quand je parle des immigrants, ce n’est pas pour signifier qu’ils “nous envahissent”. J’ai trouvé moi-même exagéré toute cette affaire des accommodements raisonnables. Dans mon quartier, des gens de diverses nationalités vivent en harmonie. Le seule reproche que je leur ferais peut-être, c’est de plus en plus utiliser l’anglais, depuis deux ans ou trois. Peut-être n’est-ce qu’une impression venant du fait que mon quartier, juste à l’Est de Saint-Laurent, s’embourgeoise? Ce que je dis aussi, c’est que les immigrants ont totalement raison de rester froids vis-à-vis du projet souverainiste et qu’on n’a absolument pas à les blâmer.

    Ce que je dis, c’est que plus la proportion des non-francophones augmentera, plus devra être forte la majorité des francophones en faveur de la souveraineté, jusqu’à un point pas si lointain me semble-t-il où même si 80% des francophones la voulaient, cela ne donnerait pas une majorité absolue.

  4. koval

    Étrange que vous ne voyez pas le lien PQ et langue française.

    Il m’apparaît évident dans le discours de Mme Marois que le français est son cheval de bataille. Elle mise sur la peur identitaire des Québécois de souche en disant que le français périclite. Chose que nous n’avons pas démontré. En tout cas, moi c’est ce que je comprends du message Marois.

    Les gens qui disent que le français diminue (en proportion) utilisent la statistique “langue maternelle” ou “langue parlée à la maison”. Ce que fait le P.Q donc pour moi, c’est un discours qui braque les de souche contre les immigrants. J’en ai assez de ces niaiseries.

    Lorsqu’on regarde les chiffres de Stat Can sur la connaissance des langues, on constate une très légère amélioration de la proportion du français entre les 2 recensement (2001-2006). L’anglais a diminué d’un tout petit poil. En plus, la proportion sur l’utilisation de la langue française au travail est en progression.

    Je ne comprends le constat alarmant qu’on nous sert par rapport à ça.

    Je suis bien d’accord avec l’amélioration de la qualité du français cependant, mais ça, c’est pas dans la visée du P.Q. La langue est traitée comme une préoccupation 100% démographique.

    Donc pour moi, la qualité du français est inquiétante, mais la proportion de gens qui utilisent couramment cette langue est stable.

    Je mets au défi n’importe qui de me démontrer, chiffres à l’appui, que l’utilisation du français décline. (ne me parlez pas de la langue maternelle, ni de la langue parlée à la maison). Tout ce qu’on me sert ce sont des arguments comme le vôtre « j’ai l’impression qu’ils parlent plus en anglais ». Pourtant, 80% des immigrants apprennent le français, c’était 20% il y a 30 ans ! Les impressions des gens ne sont pas un argument valable pour moi, j’ai besoin de plus pour me convaincre d’un fait. C’est comme ça que pensent les mathématicienne !

  5. Martin

    Je sais que le PQ dit se préoccuper de la langue française, bien sûr. Mais je me demandais ce qui vous dérangeait par rapport à ça.

    Je ne dis pas que ce que je vois dans mon quartier soit une preuve que l’utilisation du français diminue au Québec. Moi, je n’en vois pas de problèmes aux alentours de chez moi, ni de langues, ni d’accommodements déraisonnables. Les caissières du dépanneur du coin parlent souvent trois langues, mais toujours en français avec moi! Les jeunes qui jouent au soccer, entre eux, quelles que soient leur origines, parlent le plus souvent en français. Quoique, encore une fois il me semble plus y entendre d’anglais depuis peu. Je ne suis pas sûr si le nombre de francophones diminue ou augmente. Je ne sais pas, ni pour mon quartier, ni pour le Québec!

    Mais si ce n’est pas clair qu’il diminue, ce n’est pas clair qu’il augmente non plus! Vous dites “stabilisé”. Est-ce bien suffisant? Malgré l’augmentation de l’immigration francophone? Pour moi, non. Je ne doute pas qu’il y aie eu progrès entre l’instauration de la Loi 101 et maintenant, mais c’est depuis, disons 1995, que ça devient douteux. Si le nombre ou même la proportion de francophones demeure stable malgré que l’immigration francophone soit accentuée depuis une dizaine d’années, ça veut dire que ça n’augmente pas bien, bien chez ceux qui sont nés ici!

    Langue maternelle et langue de travail sont deux choses, bien sûr. Mais il ne me semble pas avoir entendu récemment de nouvelles encourageantes quant à l’utilisation du français au travail! Les entreprises de plus de 50 employés, c’est loin de représenter tous les travailleurs! J’imagine que les chiffres manquent pour ces autres entreprises?

    Il y a seulement une chose qui me chicote vraiment à propos de l’immigration, et c’est à plus ou moins long terme: si à peu près seuls les francophones appuient le OUI, et même en prenant pour acquis que les immigrés francophones l’appuieraient aussi, alors l’option souverainiste est condamnée à plus ou moins long terme parce que si 65-70% est un score possible chez les francophones, 90% est impensable! À moins d’imaginer que ce soit à propos de la séparation du seul Saguenay-Lac St-Jean, et ce dans 200 ans, pour un dernier bastion d’irréductibles!

    La souveraineté c’est un de mes rêves et c’est un rêve fort répandu, quoiqu’on en dise. Ce qui me fait c**** c’est que ceux qui m’empêchent de vivre ce rêve se trouvent parmi ceux dont je me sens les plus proches, ceux qui partagent les mêmes origines canadiennes-françaises, dans ma famille, chez mes amis. C’est seulement à ceux-ci que je reproche de ne pas vouloir faire la souveraineté. J’en veux à “nous”, pour ainsi dire. C’est une chose de choisir de ne pas la faire parce qu’on n’est pas trop sûr. Mais plus le temps passera, surtout une fois les babyboomers décédés pour dire ça rudement, moins ce sera réalisable. Me semble que nous avons une occasion à ne pas manquer!

    J’espère m’exprimer assez clairement pour une mathématicienne! Je ne peux dessiner de courbes ici! :)

  6. koval

    Voici un lien pour le français au travail.

    http://www.vigile.net/Travail-leger-progres-du-francais

    Il est heureux que le PQ s’occupe du français et surveille le terrain. Mais il est démagogique de faire croire à la population que le français décline dangereusement pour se faire du crédit politique.

    À l’époque de René Lévesque et même sous Parizeau, on nous vendait la fièrté Québécoise, même l’idée de Boisclair d’assister au concert des nations, me souriait. Mais le discours basé sur l’extinction possible de la culture du peuple Québécois est dangereux. Ça fait capoter le monde. En tout cas moi ça m’allume des sonnettes d’alarme. D’autant plus que le discours P.Q est en train de faire peur aux immigrants, il faudrait faire exactement l’inverse pour s’assurer une chance d’arriver à l’indépendance.

    TRÈS MAUVAIS RENOUVELLEMENT DU DISCOURS !

    Je reste nationaliste quand même et je jure de ne pas fêter le Canada. En fait c’est la fête de mon chat le 1 juillet, il est né à cette date, il s’appelle fédéraste.

    Et moi aussi je dis souvent, il faut se reprocher à nous en premier pour le référendum perdu de 95 (bien que y eu un peu de vol y parrait).

    Vous vous exprimez très clairement, vous auriez sans aucun doute pu faire un excellent mathématicien.

  7. Martin

    Chez moi aussi ça allume une sonnette d’alarme. Ça veut dire: faisons la souveraineté au plus sacrant. Mais je crois que ça ne change rien pour la plupart des immigrants, car comme je l’ai écrit ici plusieurs fois, c’est normal que ça ne les tente pas. Le PQ a tenté autant comme autant de les embarquer. Il ne doit pas cesser de le faire, bien sûr, mais la victoire ne peut se trouver que chez les descendants des Canadiens-français.

    Merci pour le lien. Vous me rappelez cette nouvelle, que j’avais oubliée, probablement parce que pour moi, elle n’était pas concluante. Or, hier, pendant que vous écrivais longuement ici, Le Devoir publiait un article on ne peut plus pertinent: l’avis de l’OQLF suite au dévoilement des chiffres de Statistiques Canada. À moi de vous inviter à le lire.

  8. koval

    Je profite de la journée tristounette (pluie) pour vous répondre un peu longuement.

    Chez les allophones et encore plus les anglophones, l’appui au OUI est très faible ou nul, tout comme en 1980. Mis à part un appui substantiel venant des communautés haïtienne, sud-américaine, et maghrébine, les non-francophones votent NON.

    Référence le paragraphe d’en haut; Wikepedia.

    Alors puisque les nouveaux immigrants sont plus francophones qu’avant (ou plus d’origine latine), ils représentent un appui potentiel important à notre cause. On doit à tout prix convoiter ces appuis, sinon, il est bien certain que nous n’y arriverons pas.

    À Montréal, j’ai connu des Mexicains plus nationaliste que moi. Ils avaient été chassés parce qu’ils étaient un peu activistes politiques dans leur pays. Ces gens n’ont pas peur de l’indépendance.

    Le « plus sacrant que vous invoquez » risque d’être loin en sacrament étant donné la mise au congélateur du référendum dans un futur manda péquiste qui selon toute vraisemblance n’arrivera pas avant 5 ans.

    Merci pour l’article du Devoir, je savais que les fonds servant à la francisation des immigrants avaient été coupés. Je l’avais écrit dans un article dans un journal local. Je m’auto-cite ; voilà la conclusion de cet article

    Donc en conclusion, selon la lecture de ces tableaux, la seule possibilité de gain de poids démographique français au Québec réside dans le rehaussement des programmes de francisation des immigrants. Or, d’après un article paru cet automne dans le devoir (Alexender Shields Mardi 23 octobre 2007), le montant moyen investi par immigrant pour la francisation et l’intégration est passé de 3428$ à 2472 depuis 2003. Il ne s’agit pas d’investir plus d’argent, les transferts proviennent d’Ottawa et sont redistribués à la province selon le prorata du nombre de nouveaux arrivants. Il s’agit simplement d’investir entièrement ce transfert à l’endroit où il est destiné, ce qui ne se fait pas actuellement sous ce gouvernement.

    En plus, le PQ a fermé les COFI ce qui est travailler contre nous et qui relève de l’imbécilité. Alors finalement les gouvernements sont à blâmer là-dessus.

    J’ai toujours aussi trouvé irresponsable le réflexe bien québécois de tourner les discussions en anglais sous prétexte de la présence d’un seul anglophone. Ça m’a toujours mis en colère. On doit arrêter ce maudit niaisage que moi je qualifie de colon au contraire de votre article du devoir. Il faut refuser catégoriquement d’être servi en anglais dans une province unilingue française. Ceci n’est pas clair dans l’esprit de bien de mes compatriotes de souche. Je dois dire qu’ayant habité Montréal pendant 5 ans, j’y ai toujours reçu un service en français. Le quartier chinois m’énerve un peu. (Affichage chinois uniquement dans certains commerces).

    Je ne nous auto-flagelle pas mais j’ai tendance à exiger plus de moi (de nous) que des autres. Nous avons nos devoirs à faire.

    Oups mon diner est prêt, le four micro-onde m’appelle, et mon estomac se lamente.

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