De la qualité de notre information
Un autre article qui vient me conforter dans mes positions: Journaliste, une espèce en voie de disparition, par Lise Payette. Tout son texte est intéressant, alors je vous invite à le lire, sur le site du Devoir. En gros, Mme Payette dénonce la baisse de qualité de l’information au Québec, notamment les effets pervers de la convergence à la Quebecor.
Je ne citerai qu’un passage, pour taquiner certains de mes lecteurs, qui confirme mon impression selon laquelle on entend trop les Dubuc et Pratte à Radio-Canada:
Gesca et Radio-Canada par exemple auraient signé une entente pour leur permettre d’élargir un peu plus leur présence face à Quebecor. On n’a pas fini de voir des journalistes de Radio-Canada interviewant des journalistes de La Presse comme s’ils étaient des spécialistes hautement qualifiés dans leurs domaines.
On n’a pas fini, non plus, d’entendre des journalistes de Radio-Canada faire «un détour en calèche» pour ne pas avoir à parler sérieusement de la souveraineté du Québec, de l’identité québécoise ou du désir des Québécois de sortir de l’Afghanistan. Les journalistes de Radio-Canada sont neutres… comme ceux de La Presse. Tout le monde doit le croire.
Il fut un temps au Québec où le propriétaire d’un journal pouvait être de l’allégeance politique qu’il voulait sans que ça teinte son journal. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Il suffit d’avoir des yeux pour lire. Certains journalistes sont devenus comme ces mercenaires qui font la guerre du patron.
À sa décharge, j’ajouterai que Radio-Canada invite des journalistes du Devoir également. Tout de même, plus j’y pense, plus je me dis qu’il faudrait faire quelque chose pour protéger une certaine diversité de l’information et donner une tribune solide aux progressistes souverainistes, qui n’ont que le très peu lu Devoir… et peut-être quelques blogues…
Quebecor fait du bon pour notre culture, comme la numérisation des films québécois, mais son obsession pour la rentabilité et la convergence lui donnent l’allure et la subtilité d’un rouleau compresseur. Via les journaux de Gesca et le site Cyberpresse, PowerCorporation peut aussi imposer ses propres lignes éditoriales, surtout s’il est aidé par Radio-Canada! Ça prendrait un nouveau groupe, un troisième grand joueur qui ferait sa propre mini-convergence, et ce, hors de Montréal. Un journal, à la fois aussi solide, plus accessible et plus largement distribué que Le Devoir, avec le même genre de ligne éditoriale que Le Devoir, donc moins sensationnaliste et, surtout, moins corporatiste que les journaux de Gesca. Sur Internet, il faudrait pouvoir répondre à la propagande des Dubuc et cie d’une manière aussi directe que les clips pour idiovisuels de Cyberpresse. L’antenne principale de ce nouveau groupe d’information devrait être située à Québec, pour contrer cette méfiance à la fois malsaine et justifiée envers les médias montréalais, mais diffuser jusqu’à Montréal, pour montrer le Québec aux métropolitains. Incidemment, à Québec, il y a plein de journalistes en chômage ou en grève… Et il y a un poste de télévision chambranlant qui pourrait peut-être servir à autre chose qu’à l’Avocat du diable…
Je ne sais pas… Je réfléchi tout haut…
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