L’ADQ recule, même à Québec
Selon un sondage mené conjointement par le Journal de Québec et Léger Marketing, l’ADQ se retrouve à nouveau en troisième position même dans son château fort qu’est la région de Québec. La mauvaise nouvelle, c’est que c’est le PLQ qui fait le plein de vote. Mais c’était prévisible: les adéquistes étaient tellement crinqués contre les pékisses qu’il ne sont pas près de rejoindre le PQ de Pauline Marois. Dans le discours adéquiste, l’élite est péquiste, autant les fonctionnaires de la haute-ville de Québec que les représentants des médias montréalais. Et je persiste et signe: c’est la faute des babyboomers du PQ qui n’ont rien voulu entendre des craintes et questionnements légitimes de la génération X. Dans le discours adéquiste, parler de souveraineté c’est perdre son temps, ne pas parler “des vraies affaires”. Tenir un référendum, c’est “gaspiller de l’argent”. Quant à moi, il y aurait plus de référendums, sur différents projets de société, et c’est l’ADQ qui nous a fait perdre du temps pendant près de 15 ans, elle qui voulait changer le monde, mais qui a en fait l’a figé en divisant le vote francophone. Et une des plus fâcheuses conséquences de cette division est cet important creux dans l’appui à la souveraineté au sein d’une tranche d’âge “normalement” plus favorable. Oui, encore ces X et un peu plus d’Y.
L’ADQ arrive maintenant troisième à 24 %, un point derrière le Parti québécois (PQ) de Pauline Marois à 25 % et à 17 points du Parti libéral du Québec (PLQ) de Jean Charest qui fait 41 %.
Le Parti vert rejoint 6 % des électeurs soit un résultat qui double celui de Québec solidaire à 3 %.
Il faut se rappeler que l’an dernier l’ADQ avait fait une percée spectaculaire à Québec allant chercher 14 des 19 circonscriptions. Depuis quelques mois le vote adéquiste retourne au PLQ, alors que ce parti éprouve des difficultés à s’ajuster à son rôle d’opposition à l’Assemblée nationale.
Mauvaise performance
Cette mauvaise performance a des effets sur les intentions de vote tant au Québec qu’à Québec. Un sondage Crop récent indiquait que les Québécois favorisaient les libéraux à 38 %, les péquistes à 29 % et l’adéquiste à 17 %. Dans ce sondage l’ADQ demeurait en seconde place à 29 % à Québec.
Fait à noter il n’y a pas de différence majeure entre les électeurs de la Rive-Nord et de la Rive-Sud, mais le vote adéquiste parait plus solide en Chaudière-Appalaches à 27 %.
«La première surprise, c’est que l’ADQ ne soit plus en première place et la deuxième surprise, c’est qu’elle soit troisième dans une région qui est plus à droite sur l’échiquier politique», commente Christian Bourque de la firme Léger Marketing. Celui-ci constate que le vote retourne au PLQ si bien que le PQ ne profite pas de la déception des adéquistes.
Les temps sont durs
Cela dit, Christian Bourque nuance ces résultats et met en garde contre des conclusions trop hâtives. «À 24 %, ce n’est pas la débandade, le parti de Mario Dumont retourne au score qu’il faisait aux élections de 2003. Les temps sont durs pour l’ADQ, c’est comme dans un couple : il peut y avoir un froid, mais sans divorce.»
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Pour lui, il est évident que l’ADQ doit se recentrer sur le conservatisme fiscal qui avait séduit les électeurs, mais, dit-il, «il s’est fait voler sa plateforme autonomiste par le PQ et certaines de ses propositions par les libéraux, il lui faut trouver quelque chose qui va plaire».
Dire qu’aux deux dernières élections, les plus enthousiastes bleus se disaient “en avance” sur le Québec et Montréal en appuyant les Conservateurs de Harper et l’ADQ de Dumont!
Si le PQ semble avoir fait un bon coup en mettant sur la glace le recours à un référendum tout en affirmant son nationalisme sur les dossiers de la langue, il ne lui manquerait plus, pour achever l’ADQ, qu’il s’intéresse sérieusement à la question de la dette et aux autres injustices intergénérationnelles présentes et à venir. Sérieusement, pour les progressistes, ça veut dire passer outre ses préjugés hérités de 1968 et ses clichés anti-capitalistes primaires. Ça veut dire critiquer le discours économiste et le capitalisme, pas les rejeter en bloc en fonction d’idéologies. Ça veut dire, pour les babyboomers, faire un examen de conscience et penser sérieusement à l’héritage qu’ils veulent laisser.
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21 mai 2008 à 15:20
Il semble plus facile d’expliquer la montée et la chute de l’ADQ après coup que de les prévoir, mais cet article de Cyberpresse interprète ainsi le succès du parti de Mario Dumont aux dernières élections:
On ne parle pas de partisans déclarés du PQ, je me demande bien pourquoi…